RDC-Rwanda : Pas d’intégration économique régionale sans paix durable, affirme Patrick Muyaya

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La République démocratique du Congo reste ferme sur sa position : la paix doit précéder toute initiative d’intégration économique régionale. C’est ce qu’a affirmé le ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya, lors d’un briefing de presse tenu mercredi 8 octobre à Kinshasa, consacré à la “Cohérence stratégique de la RDC dans le Processus de Washington”.

Le porte-parole du gouvernement a annoncé la reprise imminente des discussions à Doha entre les experts de la sécurité de la RDC et les représentants du mouvement rebelle M23.

“Vous savez qu’il y a des discussions qui doivent reprendre incessamment à Doha, entre nous, les experts de la sécurité qui représentent le gouvernement de la République démocratique du Congo, et les représentants du M23, pour voir dans quelle mesure on va avancer dans la conclusion de l’accord prévu à Doha”, a déclaré Patrick Muyaya.


Lors de cette communication, le ministre a justifié la décision de la délégation congolaise de ne pas signer les documents relatifs à l’intégration économique régionale, dans le cadre du Processus de Washington. Une décision motivée par la situation sécuritaire toujours préoccupante dans l’est du pays, malgré les multiples engagements diplomatiques.

“Notre délégation n’a pas signé les documents qui devaient donner naissance au cadre d’intégration économique régionale parce que simplement, nous avons estimé que les conditions de paix n’étaient pas réunies sur le terrain pour permettre que nous puissions passer à l’accord économique”, a expliqué le ministre.

Patrick Muyaya a souligné que dans tous les cadres de négociation, la paix reste une condition sine qua non pour envisager des projets de développement durable et d’intégration sous-régionale.

“Dans tous les textes, la paix est la première condition qui doit permettre aux autres conditions de pouvoir se mettre en place et dans ce que nous avons vu sur le terrain depuis le 27 juin, ce n’est pas le décor qui permet le retour de la paix”, a-t-il insisté.


Le ministre a rappelé que la position adoptée par Kinshasa s’inscrit dans la vision du président Félix Tshisekedi, qui fait de la paix une priorité nationale avant tout engagement économique régional. Pour Muyaya, il s’agit d’un choix stratégique, cohérent et responsable.

“Le Président de la République, conformément à sa vision, est resté cohérent et nos négociateurs à Washington ont pris la position de ne pas signer. Cela ne veut pas dire que le travail qui avait été fait par nos experts, les experts américains et les experts rwandais tombe à l’eau”, a-t-il précisé, ajoutant que ce travail “pourra évidemment s’appliquer le moment venu, lorsque les conditions d’un retour d’une paix que nous voulons définitive seront réunies”.


La République démocratique du Congo, actuellement membre du Conseil de sécurité des Nations Unies, entend profiter de sa position pour porter haut plusieurs dossiers majeurs, en lien avec la justice transitionnelle, la gestion des ressources naturelles, et la réforme du système onusien.

“Nous avons des objectifs et nous attendons de voir comment faire avancer notre agenda en ce qui concerne notamment l’application des mécanismes de justice transitionnelle dans des situations post-conflit, la structuration de la production, de la distribution et de la commercialisation des ressources naturelles pour les rendre plus rentables”, a déclaré Muyaya.

Il a également mentionné des réformes attendues sur les opérations de maintien de la paix de l’ONU, la lutte contre l’impact des minerais de sang sur la stabilité des régions en conflit, ainsi que des réflexions sur le système de sécurité collective international.

La rédaction

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