Une embarcation transportant des commerçants en provenance de Bukavu à destination de Minova a été systématiquement pillée ce mardi dernier par des hommes armés en uniforme sur le lac Kivu, a-t-on appris vendredi 5 septembre de sources locales concordantes.
Le bateau, appartenant à un opérateur économique local identifié comme Muzedi, a été intercepté par des individus non identifiés, vêtus d’uniformes militaires et munis d’armes à feu.
Ces derniers ont dépouillé les passagers de leurs téléphones, liquidités et autres biens de valeur.
« Ils sont montés à bord et ont tout pris. On ne sait même pas s’ils sont militaires ou miliciens, mais ils étaient en uniforme et armés », a témoigné sous anonymat une passagère jointe par téléphone à Minova.
Ce nouvel incident vient alourdir le climat de peur et d’insécurité déjà pesant dans cette région du Sud-Kivu, confrontée à une situation humanitaire dramatique. Les petits commerçants de Minova, déjà durement éprouvés par la récente tragédie du bateau “Merveille de Dieu”, dénoncent une série noire de malheurs.
Le 3 octobre dernier, ce bateau avait fait naufrage à quelque 200 mètres du port de Kituku, causant la mort ou la disparition de 623 personnes, selon les derniers bilans officiels. La majorité des victimes étaient des commerçants, femmes et enfants, tentant de rallier Goma depuis les territoires du Sud-Kivu.
« Après le naufrage de la ‘Merveille de Dieu’, voilà qu’on nous attaque encore. Trop, c’est trop ! », s’indigne Déborah M., commerçante et survivante du drame d’octobre.
Les habitants et acteurs économiques de Minova dénoncent l’absence de mesures concrètes de sécurisation des voies lacustres et pointent du doigt l’inaction des autorités face à la recrudescence des attaques armées et au banditisme sur le lac.
À ces drames successifs s’ajoute une crise prolongée due au conflit armé dans l’est de la RDC, qui aggrave la vulnérabilité des populations civiles et freine toute relance économique locale.
« Nous avons besoin de sécurité pour travailler et nourrir nos familles. Les commerçants sont pris en otage entre les conflits, les catastrophes et les pillages », a plaidé un représentant de la société civile de Minova.
La rédaction

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