Choléra à Beni : Le service public de l’eau mobilise contre l’épidémie face à l’afflux des déplacés

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Le service public de l’eau de la ville de Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu, tire la sonnette d’alarme face à la flambée épidémique du choléra à travers plusieurs provinces de l’est de la République Démocratique du Congo. À travers un appel lancé ce samedi 19 juillet à toutes les associations de réseaux d’eaux potables opérant dans la ville, le chef de bureau urbain, Vincent Makambo Muhigirwa, plaide pour une mobilisation urgente et coordonnée face à la menace.

La ville de Beni fait face à un afflux sans précédent de populations déplacées, conséquence directe de la recrudescence des violences armées dans plusieurs territoires voisins.

« Nous sommes surpeuplés du jour au lendemain et, vu le déplacement des institutions de la ville de Goma à Beni, plusieurs familles ont quitté les régions occupées par les rebelles pour nous rejoindre ici », a expliqué Vincent Makambo, également consultant du Maire pour les questions liées à l’eau.

Ce mouvement massif, selon lui, aggrave la pression sur les infrastructures de base, notamment l’accès à l’eau potable. « Cela fait une pléthore », ajoute-t-il, évoquant des arrivées en provenance de Lubero, Rutshuru, Goma et d’autres localités.

Conscient de la gravité de la situation, le chef de bureau de l’eau annonce déjà plusieurs mesures proactives. Parmi elles, la structuration d’un « triangle des acteurs de l’eau » présenté récemment à l’autorité urbaine.

Ce dispositif regroupe les trois composantes essentielles du secteur : les instances gouvernementales, les opérateurs techniques de distribution et les consommateurs. Objectif : instaurer un suivi rigoureux et renforcer la sécurité sanitaire de l’eau distribuée.

En seulement une année d’existence, l’office de l’eau de Beni a déjà facilité la mise en place de six associations de réseaux hydrauliques, qui desservent la population grâce à des sources captées dans les collines environnantes et à des forages bien traités. Une dynamique qui, selon Vincent Makambo, illustre la volonté locale de résister face à l’urgence.

L’alerte du service public de l’eau est soutenue par les autorités urbaines. Le Maire de la ville, le commissaire supérieur principal de la police NYOFONDO-TE-KODALE Jacob, place la santé publique au cœur de ses priorités. Des concertations sont déjà en cours pour renforcer la surveillance sanitaire et éviter une propagation incontrôlée de l’épidémie.

Une réunion d’évaluation sur la consommation de l’eau potable en cette période critique devrait avoir lieu prochainement. En attendant, les autorités appellent la population à redoubler de prudence et à s’abstenir de consommer des eaux non traitées, souvent vectrices de choléra.

La redaction

 

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