L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange, est arrivé dans la nuit du dimanche 25 mai 2025 à Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, sous contrôle des rebelles du M23/AFC. Cette visite met fin à près d’un an et demi d’absence de la scène publique, entamée en décembre 2023, que plusieurs observateurs avaient qualifiée d’“exil politique”.
L’information a été confirmée par plusieurs sources locales et relayée par les porte-parole du M23/AFC, sur les réseaux sociaux.
« Nous annonçons avec plaisir l’arrivée du respecté et respectable ancien chef d’État et sénateur à vie, le soldat du peuple Joseph Kabila Kabange, dans la zone libérée par le M23/AFC », a publié WillyNG0MA, porte-parole militaire du mouvement.
Dans la foulée, Lawrence Kanyuka, porte-parole politique du M23, a également réagi via X (anciennement Twitter) :
« Nous lui souhaitons un agréable séjour dans les zones libérées. »
Cette arrivée de l’ex-chef de l’État dans une zone tenue par un mouvement rebelle, , suscite de vives réactions dans le camp gouvernemental.
Quelques heures avant , Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a réagi brièvement à la presse sur le discours de l’opposant de Felix :
« Le président Kabila est un homme du passé. »
Une attaque frontale contre le régime en place
Deux jours plus tôt, dans une adresse publique tenue le vendredi 23 mai, Joseph Kabila avait annoncé son intention de se rendre à Goma, tout en critiquant les décisions prises par Kinshasa à la suite des rumeurs sur sa venue dans l’Est du pays.
« Il y a quelques jours, suite à une simple rumeur de la rue ou des réseaux sociaux sur ma prétendue présence à Goma (…), le régime en place à Kinshasa a pris des décisions arbitraires avec une légèreté déconcertante. Ce qui témoigne du recul spectaculaire de la démocratie dans notre pays », a-t-il déclaré.
Le retour de Kabila dans une région sous occupation rebelle, salué par le M23/AFC, relance les spéculations sur ses intentions politiques. Certains analystes y voient un message fort adressé au régime de Félix Tshisekedi, d’autres un acte de rupture, voire une tentative de repositionnement stratégique dans un contexte sécuritaire explosif à l’Est de la RDC.
Si aucune déclaration officielle n’a encore été faite sur l’agenda de son séjour à Goma, les implications politiques de cette visite ne manqueront pas de peser dans les jours à venir, notamment à l’approche des débats sur la paix et la cohésion nationale.
La redaction

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