La population iturienne voire nationale doit savoir dissocier l’appartenance des groupes armés aux communautés locales qui vivent dans cette province.
L’essentiel du message du député national Gratien Iracan de Saint-Nicolas dans l’émission dialogue intercongolais diffusé sur les ondes de la Radio Okapi le 12 septembre dernier, émission présentée par la consoeur Kelly Kuthe.
‹‹ Je voudrai aussi qu’on puisse dissocier les groupes armés et les communautés comme l’a dit le prof Cober parce qu’il y a des gens qui pensent que tel groupe est lié à telle communauté, il faut dissocier. Il y a un groupe des gens qui opèrent et ils savent les raisons pour lesquelles ils sont entrain de faire et ça n’a aucun engagement direct avec les différentes communautés même si on veut les coller. C’est comme ça le dialogue effectivement, ne fonctionne pas. Et aussi, on ne peut pas chercher à ce que les gens disent les choses qui n’existent pas, il n’y a pas d’hypocrisie mais c’est parce qu’il y a rien à dire que justement les ituriens ne savent pas dialoguer. Vous n’allez pas dialoguer sur base de rien » avait ainsi dit cet élu de Bunia.
Ce dernier réaffirme que l’état l’état de siège n’a jamais été demandé par les ituriens comme disent certaines sources du gouvernement central, mais plutôt un régime de l’arrangement au sein de l’Union sacrée de la nation.
‹‹ Il faut reconnaître que les ituriens n’ont jamais demandé l’état de siège car l’état de siège c’est un arrangement de l’Union sacrée et c’est donc leur politique et ça n’engage pas la communauté iturienne » avait répondu Gratien Iracan à l’une des questions de Kelly Kuthe de la Radio Okapi.
Pour lui, c’est déplorable ce jour que le gouvernement ne parle pas et ne livre pas des bonnes informations de la situation sécuritaire de l’Ituri à la population.
‹‹ C’est qu’il faut déplorer qu’on a un Gouvernement qui ne parle pas et qui ne rend pas l’information à tous les citoyens parce qu’en dehors de ce que nous sommes entrain de recenser comme bilan, il y a toujours des morts isolées par ci par là surtout les villageois qui partent chercher des nourritures au champs ou alors de cela qui voudrait se déplacer d’un milieu à l’autre parce qu’il y a hostilité, ils attrapent toujours la mort ›› déplore Mr Gratien Iracan.
Et de conclure son intervention : « Les affrontements sont toujours permanents, peut-être qu’il faut le dire à haute voix, on n’en parle pas. Mais tous les jours, il y a des morts et des morts. Quand le bilan s’alourdit ou si on se retrouve face à des organisations humanitaires ou des droits de l’homme qui dénoncent, c’est alors qu’on pense qu’il y a reprise d’affrontements ».
Il faut rappeler que la province de l’Ituri fait face aux hostilités des conflits armés depuis le mois de décembre 2017. L’histoire remonte dans la forêt de Wago où un groupe d’hommes armés s’était constitué avec l’appellation “assaillants” avant d’être identifiés ce jour comme miliciens de la CODECO en territoire de Djugu. Dès lors, c’était un début d’un cycle de la guerre où en Irumu l’on pouvait FPIC dite Tchini ya Kilima naître en Irumu, Mai-Mai et ADF apparaître en Irumu et Mambasa. Aujourd’hui l’on parle aussi de Zaire, MAPI, sans oublier la présumée milice Tchini ya Tuna dont l’existence est toujours niée par l’administration d’Irumu.
Mais il faut le dire, l’Ituri, malgré quelques cas isolés signalés ça et là, commence à respirer la paix depuis les récents dialogues auxquels les groupes ont pris part notamment à Nairobi, Aru, Gety voire Bunia.
Nickson Manzekele
Ituri : Gratien Iracan souhaite voir la dissociation de l’appartenance des groupes armés aux communautés
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