Un an déjà depuis l’éruption volcanique de Nyiragongo de mai 2O21 :
Les sinistrés toujours dans une situation d’incertitude

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Ca fait déjà un an jour pour jour que le célèbre volcan Nyiragongo avait une fois de plus surpris la population du territoire de Nyiragongo qui est son voisin le plus proche, et celle de la ville de Goma située à une dizaine de kilomètres dudit territoire ainsi que ses environs.

Les dégâts collatéraux de cette énième éruption de ce géant volcan encore actif après celle de janvier 2002, dont les effets restent toujours perceptibles, sont non négligeables. Une grande partie de ce territoire dans les groupements Buhumba et Kibati a été calcinée par sa lave à cause de laquelle, bon nombre d’habitants de ces coins se trouvent jusquà présent installés dans des sites de sinistrés menant ainsi une vie de misère accrue. Le magazine les Volcans News a trouvé utile de mettre cette occasion à profit pour mener une enquête afin de palper du doigt la situation dans laquelle vivent ces infortunés un an après cette catastrophe naturelle et savoir l’état actuel de cette montagne de lave.

Dans cette optique, il est en premier lieu descendu sur terrain vers le site Kayembe en territoire précité où il s’est entretenu avec le chef de site Elie Kamonyo qui lui a donné quelques éléments y relatifs. A len croire, rien de consistant n’est fait jusqu’à présent pour permettre à au moins 6 922 sinistrés répertoriés de vivre dans des conditions assez acceptables. Par contre au site de Kanyaruchinya où il a échangé avec le président du site Ntamugabumo Nicodème, le gouvernement congolais a déployé des efforts considérables pour construire des abris provisoire en faveur dau moins 980 ménages évalués 6 082 personnes en vue de soulager tant soit peu leur situation vitale. Ces abris dont les bâches subissent déjà une dégradation progressive, a-t-il dit, selon le gouvernement congolais devraient leur servir pour une durée de 6 mois, avant qu’ils ne puissent être placés dans un milieu assez aménagé pour y passer toute leur vie. Un projet qui est toujours en cours mais semble pouvoir prendre beaucoup de temps car, présentement ce lieu est en train d’être aménagé pour y accueillir le Pape François qui pourra être au Nord-Kivu au mois de juillet de cette année. Il a appelé les gouvernants congolais à plus de responsabilité et au respect des engagements pris pour leur permettre de vivre dans des conditions optimales, parce que malgré ces abris ils ne bénéficient plus des assistances ni de la part des ongs dont les contrats sont arrivés à terme ni de l’État ayant la responsabilité première de le faire.

Au site de Kibati, Jean Damaseni, son président, nous a indiqué que le site regroupe 396 ménages pour lesquels, le CICR comme partenaire de l’État congolais a construit des abris provisoires dont un abri a la capacité d’accueillir une famille composée de Papa et Maman ainsi qu’au maximum 3 enfants. Un abri, nous a-t-il décrit, contient 15 tôles, 60 chevrons et bâches. Comme leurs pairs de Kanyaruchinya, ils ont également reçu la promesse de n’y passer que 6 mois avant d’aller dans l’endroit leur préparé pour y mener au moins une vie normale.

Remerciant l’État congolais pour sa mobilisation à travers laquelle, il les avait assistés en vivre et non vivre peu après la dite éruption, plus particulièrement la division des affaires sociales et action humanitaire du Nord-Kivu qui se bat bec à ongle pour leur chercher des partenaires dans l’optique d’assistance, il a fait mention de la dégradation des bâches pour lesquels, il a sollicité le soutien de l’État, des ONGs et des personnes de bonne volonté.

Leur situation vitale ne fait que se détériorer au jour le jour car, au-delà des assistances reçues à chaux peu après cette calamité naturelle, ils ne sont plus assistés de manière consistante. Ce qui fait ces derniers temps, qu’il y est enregistré des cas des morts dus à la faim, à la mal nutrition et aux maladies par faute de prise en charge adéquate et d’accès aux aliments et médicaments nécessaires. Cela, a-t-il dit, prouve à suffisance qu’ils sont bel et bien laissés à leur triste sort car même les autorités ayant la responsabilité première de leur prise ne charge ne se font plus entendre. Suite à la souffrance à laquelle ils font face, certains réclament de quitter le camp pour regagner leurs parcelles respectives bien qu’englouties par la lave et puis relancer la vie avec le peu qu’ils ont. Sauf qu’ils se trouvent bloqués par les mesures de protection mises en place par les autorités relativement aux orientations de l’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG) faisant état de la gravité de cette situation, étant donné que ces milieux peuvent présenter encore un danger sur la vie humaine par le fait que ces roches volcaniques pourraient encore conserver du gaz méthane qui reste hostile à la santé. Toutes les promesses leur faites allant dans le sens de leur tous construire des maisons pour leur délocalisation ne sont jusque-là pas réalisées. Hormis l’assistance qui leur est de nécessité extrême, leur grand souci, a-t-il révélé, est que les autorités autorisent à ceux qui ont des moyens de reconstruire des maisons dans leurs parcelles.

A cette demande formulée par la plupart des sinistrés, celle liée à les autoriser de reconstruire les maisons dans leurs parcelles jadis ensevelies par la lave, Joseph Makundi, coordonnateur provincial de la protection civile en province du Nord-Kivu, s’en est inscrit en faux relevant que, comme la lave de la récente éruption est passée par là, c’est fort probable que la prochaine y passe aussi. Ce qui visiblement fait appel à leur délocalisation. Pour lui, ce n’est simplement pas ces gens dont les parcelles étaient détruites par la lave qui doivent en être, car si on fait bien les études, certains d’autres du parage dont les maisons ont été épargnées de cette catastrophe naturelle sont également concernées par cette délocalisation. « Ce n’est pas le volcan qui est appelé à se conformer à nos caprices mais plutôt nous qui devons apprendre à vivre avec lui. Dieu merci parce qu’il y a déjà un programme pour ça pour lequel, les enseignants sont en train d’être formés dans ce domaine pour qu’à leur tour qu’ils puissent transmettre ces connaissances aux élèves », a-t-il indiqué avant de souligner qu’on ne se voile pas les faces, une prochaine éruption est certaine car selon les experts de l’OVG la lave a encore réapparu dans le cratère. Sauf que, comme un phénomène naturel, personne ne saura dire quand, d’où, la préparation des populations vivant à ses environs reste indispensable.

De la vie que mènent les sinistrés

Selon Mambo Kawaya, président de la société civile du territoire de Nyiragongo, il y a eu un problème sur la coordination de différentes équipes chargées de la distribution des dons destinés aux sinistrés. Ce qui a fait que les dons destinés aux sinistrés étaient tantôt détournés ou soit mal distribués et les bénéficiaires venaient d’ailleurs au détriment de sinistrés qui en sont les ayants droit. A cela, a-t-il indiqué, s’ajoute, la mauvaise distribution des jetons qui font qu’au niveau des sites qu’on puisse trouver des pseudos sinistrés dénommés « les sinistrés à cravate », pendant que les véritables ne savent pas s’installer aux sites et se trouvent dans le qui vivent au niveau de la cité. Ces pseudos sinistrés trouvent ces faveurs à travers les liens familiaux, amicaux ou par corruption faisant qu’un an après qu’il soit difficile de produire un fichier contenant réellement des sinistrés. L’autre problème, a indiqué Mambo Kawaya, est le pâturage de kibaya l’espace indiqué pour construire les maisons aux sinistrés dans le cadre non seulement de leur délocalisation mais aussi de soulager tant soit peu leurs misères, s’est trouvé loti par les autorités au profit de tiers personnes nanties. Il y a aussi celui d’approvisionnement en vivre et non vivre des ongs et du gouvernement qui n’est pas régulier. Nyiragongo étant une agglomération agro-pastorale alors que presque 75 pourcent de champs ont été engloutis par la lave, ces derniers se trouvent dans des sérieuses difficultés de vie. Il est à enregistrer mêmement la mauvaise politique pour l’éducation des enfants sinistrés pour qui les autorités n’ont rien mis sur pied pour leur permettre d’étudier leurs parents étant dans l’instabilité ne les permettent pas de s’en sortir.

Le président de la société civile, a soulevé aussi la problématique santé, pour laquelle, une clinique mobile a été mise en place sous l’impulsion du Président de la République, sauf qu’il y a eu le problème de payement de travailleurs qui s’en occupent, ce qui a affecté négativement le bon fonctionnement de ce service. Tous ces problèmes, a-t-il conclu, font que certains sinistrés retournent dans leurs milieux respectifs pour voir comment reconstruire leurs maisons sur la lave quelles que soient les mesures d’interdiction prises par les gouvernants au niveau provincial.

Gabriel Kashugushu

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