D’emblée, la République démocratique du Congo a édicté dans l’article 43 de sa nouvelle Constitution : « L’enseignement primaire est obligatoire et gratuit dans les établissements publics». Après des années d’inaction, la nouvelle administration du cinquième président de la République, a fait de la gratuité de l’enseignement primaire une politique phare qui est entrée en vigueur à partir de septembre 2019. Il s’agit d’un investissement ambitieux dans le capital humain du pays, dont le coût est estimé à près d’un milliard de dollars américain par an. La Banque Mondiale s’est engagée à soutenir cette politique, par le biais de sa plus grande opération d’enseignement primaire au monde.
Toutefois , tenant compte d’une légion de corruption maximale en République Démocratique du Congo, la Banque Mondiale a suspendu temporairement la probabilité d’un financement de 100 millions de dollars en appui à la mesure de la gratuité de l’éducation de base. Et pourtant, une mesure décrétée par le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à son arrivée au pouvoir mais asphyxié suite notamment, aux malversations financières en mode chronique.
Après plusieurs enquêtes de l’IGF dans ce secteur sensible du pays, la justice congolaise établi les responsabilités sur fond des preuves tangibles. L’ex-ministre Willy Bakonga qui avait été libéré après 7 mois d’emprisonnement à Kinshasa, sera de nouveau devant son jugé naturel dans la capitale congolaise.
L’ancien patron du ministère de l’enseignement primaire secondaire et technique (EPST), son dossier est en cours de traitement à l’Office du ministère public. Son dossier prend un élan nouveau, jusqu’à s’inscrire en priori pour fixation à la Cour de cassation. Selon des sources judiciaires.
Le traitement connait certaines complications, étant donné que Willy Bakonga est bénéficiaire de la grâce présidentielle après sa condamnation, en procédure d’urgence, pour blanchiment de capitaux.
Une rétrospective sur les tenants et les aboutissants :
L’histoire remonte au mercredi 18 novembre 2020 où l’IGF avait publié le rapport de sa mission sur le contrôle de la paie des enseignants par la situation de mise à disposition des fonds au profit du ministère de l’EPST. Dans ce rapport, l’IGF avait notifié un détournement évalué à près de 62 milliards de FC. Il y avait également, l’utilisation de fausses factures pour détourner les fonds. Cinq hauts responsables de l’EPST, quelques agents de la direction de la paie et de la direction du trésor et de l’ordonnancement du ministère des finances avaient été identifiés comme étant à la base de cette situation.
Le ministère de l’Enseignement primaire secondaire et technique (EPST) sous l’ère du premier ministre Ilunga Ilukamba, est considéré comme acteur de ce désagrément il s’agit précisément, du ministre d’Etat Willy Bakonga Wilima dans le dossier lié aux détournements, selon les investigations de l’Inspection générale de Finances (IGF), des fonds liés au financement de la gratuité ou de la gestion du Service de Contrôle et de la Paie des Enseignants (SECOPE).
En effet, Willy Bakonga ministre sortant de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST) avait été arrêté mardi 20 avril 2021 à Brazzaville (Congo), pendant qu’il était recherché par la justice congolaise à cause de détournement des fonds alloués à la gratuité de l’enseignement de base.
Déjà en mars de la même année, la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe avait condamné à 20 ans de travaux forcés et à une amende de 100 millions de FC, Djamba Kaombe Michel, Inspecteur Général de l’EPST et Delon Kampay, Directeur national du Service de Contrôle et de Paie des personnels Enseignants (SECOPE) pour détournement des fonds alloués au secteur de l’éducation.
Ces deux hauts responsables de l’EPST avaient tous chargé leur « hiérarchie » qui est le ministre Willy Bakonga.
Cependant, l’ancien ministre congolais de l’Enseignement primaire, secondaire et technique, Willy Bakonga, avait été condamné à 3 ans de prison et 90.000 dollars d’amende pour blanchiment et transfert illicite de fonds trouvés sur lui alors qu’il tentait de voyager pour Brazzaville après avoir quitté Kinshasa frauduleusement.
La cour de cassation avait aussi condamné le fils de l’ancien ministre, Joël Bakonga, à 6 mois de servitude pénale et 45.000$ d’amende. Le ministère public avait requis 10 ans de prison et une amende équivalant à 3 fois la somme de 33. 500 dollars américains trouvés sur les prévenus.
Paul Zaïdi
RDC : gratuité de l’enseignement de base, l’IGF sauveur de la réforme éducative
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