L’association des volontaires du Congo (ASVOCO) en a marre. Les tracasseries à outrance dans les services publics du port, de l’aéroport et des frontières doivent cesser, car elles font en outre honte à la république. L’ASVOCO s’apprête en conséquence de descendre sur terrain pour prendre au piège les tracasseurs et les faire arrêter.
L’association des volontaires du Congo est sortie devant la presse ce vendredi pour exprimer sa grande préoccupation face aux tracasseries qu’elle a constatées au port, à l’aéroport et aux frontières. Quoique l’ASVOCO entende œuvrer avec le magistrat militaire, elle n’a pas, dans ses critiques, épargné l’auditorat militaire du Nord-Kivu qui brille par des tracasseries également durant l’Etat de siège.
‘’Vous venez d’un pays étranger, vous arrivez à la frontière côté RDC, c’est comme si vous arrivez en enfer. Il faut voir le désordre, il faut voir les tracasseries. Ce n’est pas seulement ici, même à Kinshasa…’’, déplore Dufina Tabu, responsable de l’ASVOCO.
Il avance le cas d’un camerounais qui a été soutiré de force de l’argent, à la petite-barrière de Goma, en contrepartie de ne pas se faire vacciner pour la deuxième fois alors qu’il avait brandi sa carte d’hygiène, indiquant qu’il s’était déjà fait vacciner.
L’ASVOCO dénonce la passivité des congolais
Le travail de terrain de l’ASVOCO lui a confronté à des réalités décourageantes. Avec 36 ans d’expérience, l’ONG a découvert que la population congolaise a une part de responsabilité dans le maintien des tracasseries des services étatiques.
‘’Un jour, je suis allé sensibiliser au port…on demande à la population qui était-là de ne jamais donner l’argent à ces gens de la DGM. On était étonné de voir la même population demander, comment ces agents qui tracassent vont vivre. Et finalement, on se pose la question, je viens pour vous et maintenant vous dites comment ils vont vivre, mais ils ont leurs salaires !’’, déplore Dufina Tabu qui s’étonne de voir que les congolais ont normalisé les tracasseries alors qu’elles sont punissables par la loi.
Un environnement de tracasseries ne peut pas encourager les investisseurs que la RDC recherche, fait-il observer. ‘’Vous voyez le président actuel, il est en train de faire des tours par-ci par-là, pour aller inviter les agents de venir investir au Congo. Quelques-uns viennent, mais ils trouvent quel environnement ? L’ANR est en train de les tracasser, la DGM est en train de les tracasser, la police est en train de les tracasser, les gens de l’Etat de siège sont en train de les tracasser. Ils vont encore fuir !’’, prévient Dufina Tabu.
L’objectif que l’ASVOCO se fixe en 2022 est de faire arrêter tous ceux qui sont derrière les tracasseries. L’ONG de droits de l’homme va se battre également contre la corruption, le racisme, l’ethnicisme et le tribalisme, annonce son responsable.
Frédéric Feruzi

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