Kasindi: Avec la vente de ses beignets, maman Jacqueline Ngalula contribue au budget familial

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Passée maître dans la confection de beignets qu’elle vend au coin de l’avenue Nyama ngombe, une artère très fréquentée du quartier Centre de Lubiriha à Kasindi, Jacqueline Ngalula, dit «Maman Soignee », contribue ainsi à plus de 70% dans le budget familial.

Mariée et mère de sept enfants, elle se dit très heureuse d’exercer cette activité génératrice de revenus qui lui procure une indépendance financière certaine et lui permet de payer les études de ses enfants, leur habillement, d’acheter la nourriture pour le mois et de satisfaire leurs autres besoins.

Et ce, à la satisfaction de son mari qui la soutient énormément, confie-t-elle.
Ce qui la motive, c’est d’épauler son mari comme le fait la femme vertueuse de la Bible et ce, dans un contexte économique particulièrement difficile dans la région.

Crise qui dure depuis une dizaine d’années, suite à l’instabilité de l’allure sécuritaire. «Fabriquer des beignets rapporte gros. Aujourd’hui, face à n’importe quelle situation inopinée au sein de ma famille tant restreinte qu’élargie, je suis capable d’intervenir et de trouver des solutions sans avoir à me fier entièrement sur l’intervention de mon mari », raconte-t-elle à lesvolcannews.net .

Ce sont ses clientes et ses clients qui l’ont affectueusement rebaptisée «Maman soignée». Elle s’est lancée dans cette activité en 2001 et l’a démarrée avec un kilo de farine de froment et une petite quantité d’huile végétale raffinée et quelques ingrédients nécessaires à la fabrication desdits beignets. Elle s’est rapidement fait un nom et une réputation. Aujourd’hui, «Maman soignée » utilise 10 à 17 kilos de farine de froment pour frire la pâte et offrir ses beignets aux passants qui fréquentent cette avenue de grande affluence.

L’adage qui dit «Petit poisson deviendra grand pourvu que Dieu lui prête vie » a pris tout son sens par rapport à son aventure commerciale, avoue-t-elle. Elle refuse cependant de divulguer son chiffre d’affaires. Toutefois, elle reconnaît que ses bénéfices sont presque de 100%, la perte est un mot rare dans le vocabulaire de ses activités, précise-t-elle.
Vu sa longue expérience dans ce domaine, «Maman soignée » est aujourd’hui crédible auprès de plusieurs institutions microfinance de la cité.

Pour «Maman soignée», l’endroit où elle s’emploie à confectionner ses beignets est central, c’est lá que convergent ses congénères qui quittent leur domicile pour aller travailler dans les périphéries.

C’est pour cette raison qu’elle prend très au sérieux ce qu’elle fait. Ainsi, elle n’admet pas qu’une personne badine avec le travail.
«Chez nous, on dit souvent que le travail, c’est ton père et ta mère. Je considère que le commerce est un travail digne, semblable à toute autre activité libérale lucrative et à tout autre travail. De plus, je suis plus heureuse que certaines personnes qui travaillent dans des entreprises et qui sont sous-payées ou non-rétribuées pendant plusieurs mois.

Aujourd’hui, je n’ai plus rien à envier à qui que c’est soit. Je suis très épanouie et même mon foyer est équilibré », assure-t-elle.
En vu la qualité de ses beignets, son sens de l’accueil et son sourire engageant, l’autre atout de «Maman soignée» est la propreté de son commerce.

Aimerance Masika , est l’une des nombreuses fidèles clientes de «Maman soignée ». Acheter les beignets préparés par Jacqueline Ngalula est un « réel plaisir ». Outre la qualité des beignets, la jeune femme dit apprécier la gentillesse de «Maman soignée» et son respect de l’hygiène.

Un quinquagénaire qui veut conserver l’anonymat avoue être un client régulier. Il ne conçoit pas rentrer les mains vides à la maison après le travail. Mais il ne va pas acheter n’importe quoi. Il doit absolument apporter un sachet de beignets de «Maman soignée » à ses enfants qui les apprécient beaucoup. Dés qu’il arrive devant l’échoppe où «Maman soignée » prépare ses beignets, il gare sa voiture et fait queue comme tout le monde pour être servi.

Jacqueline Ngalula conseille aux femmes au foyer de se lancer dans une petite activité commerciale. «Quand on s’occupe, on est utile aussi bien à sa famille qu’à la société ».

PAUL ZAIDI

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