La formation médicale HEAL Africa contribue efficacement à l’élimination de la fistule en RDC. L’illustration en a été donnée lors de la commémoration de la célébration de la Journée Internationale pour l’Elimination de la Fistule Obstétricale (JIEFO) le 23 mai courant à Goma, dans la province du Nord-Kivu. A l’occasion, HEAL Africa a présenté ses réalisations dans la réparation des fistules obstétricales de 2018 à 2019. En deux ans, les médecins de cet hôpital ont soigné, voire réparé 768 patientes avec fistule uro-génitale.
Ces résultats ont été fournis par le Dr Justin Paluku, chirurgien des fistules à l’hôpital Heal Africa, le 23 mai dernier à Goma lors des activités de commémoration de la JIEFO avec son partenaire EngenderHealth, dans son projet “FistulaCarePlus”, et le Programme National de Santé de la Reproduction, PNSR/NK.
A Goma, 153 patientes ont été soignées entre 2018 et 2019. Les 615 l’ont été dans le cadre du programme “OUTREACH” que mène HEAL Africa dans d’autres provinces de la RDC (Maniema, Nord-Ubangi, Haut-Uélé, Sankuru,…).
En effet, des équipes des médecins quittent régulièrement Goma pour réparer les femmes souffrant de la fistule dans ces autres provinces. “Ce programme permet aussi de former des médecins et infirmiers locaux”, fait savoir Dr Justin Paluku.
“La fistule est une maladie caractérisée par un écoulement permanent et incontrôlé des urines et/ou des selles par le vagin après un accouchement difficile”, précise-t-il.
L’engagement de HEAL Africa date de 2003 lorsque le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) a lancé la campagne mondiale pour l’élimination de la Fistule Obstétricale. Dix ans plus tard, les Nations Unies ont déclaré la journée du 23 mai comme Journée Internationale pour l’Elimination de la Fistule Obstétricale.
Et, le 23 mai 2013, le Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki Moon s’était rendu à Goma où il avait procédé au lancement de la première JIEFO à l’Hôpital HEAL Africa. Ce choix montrait que la RDC est l’un des pays les plus touchés par la fistule obstétricale. Le FNUAP estime à 5.000 nouveaux cas de fistule obstétricale survenant chaque année en RDC.
L’ACCOUCHEMENT EST LA CAUSE PRINCIPALE DE LA FISTULE
Selon Dr Justin Paluku, chirurgien des fistules à l’hôpital HEAL Africa, la césarienne et l’hystérectomie sont de plus en plus responsables des cas de la fistule au Nord-Kivu en particulier et en RDC en général. C’est-à-dire l’accouchement par (voie basse ou césarienne) reste la principale cause de la fistule.
C’est ainsi qu’il recommande de bien former les prestataires (médecins et infirmiers) qui opèrent sur les femmes. Au Nord-Kivu, la zone de santé de Masisi est la plus touchée par la fistule obstétricale.
Parmi les différents types de fistules uro-génitales obstétricales, ”les fistules urétéro-vaginales (à 70%) et vésico-utérines (à 100%) sont dues aux césariennes. Les accouchements par voie basse sont responsables de l’essentiel des fistules vésico-vaginales (FVV), fistules recto-vaginales (FRV) et de toutes les fistules déclarées irréparables”, ajoute le médecin. Ainsi, il recommande de grandes actions de maternité à moindre risque, particulièrement dans la zone de santé de Masisi.
Pour le Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR), les conséquences de la fistule sont désastreuses sur la femme : discrimination, sentiment d’infériorité, frustration, perte d’estime de soi, infection fréquente …
Les opérations des fistules redonnent la dignité à la femme et permettent sa réinsertion sociale. L’implication des hommes dans la santé de la mère est un moyen pour prévenir la fistule. Ce qui permet aux hommes de comprendre les facteurs de risque de celle-ci et de les éviter. Ainsi, les hommes doivent accompagner les femmes au planning familial et à l’ensemble du service de santé de la reproduction.
METTRE FIN AUX INÉGALITÉS ENTRE LES SEXES
C’est sous le thème : “mettre fin aux inégalités entre les sexes, mettre fin aux inégalités en matière de santé, mettre fin à la fistule maintenant” que cette JIEFO de 2020 a été commémorée.
Pour le Dr Serge Kahatwa, médecin directeur de HEAL AFRICA, ” il est difficile de mettre fin à la fistule si les inégalités persistent entre les sexes, si les conditions de vie des populations ne s’améliorent pas, s’il n’y a pas assez de médecins soignants, formés en réparation de la fistule dans les milieux ruraux, surtout si les accouchements à domicile continuent, si les femmes manquent d’argent pour accéder aux consultations prénatales , si les femmes n’ont pas accès aux soins de santé de qualité dans des structures équipées et si les hôpitaux sont toujours éloignés des malades. ” Ce sont là les préalables et défis pour mettre fin à la fistule, ajoute-t-il.
Les objectifs de la JIEFO sont de sensibiliser la communauté à la problématique de la fistule obstétricale, de réfléchir sur les stratégies à mettre en place pour aider les patientes, d’améliorer la prise en charge et de faire un plaidoyer pour mobiliser davantage des moyens pour les soins des patientes avec fistule.
Pépé Mikwa et Didier KEBONGO (Forum des AS)

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