À LA UNE

Walikale : les aléas climatiques et l’enclavement freinent la production et la vente des récoltes

 

Les agriculteurs du territoire de Walikale, au Nord-Kivu, peinent à développer leurs activités en raison des variations climatiques et du mauvais état des routes de desserte agricole. Ces difficultés affectent à la fois les récoltes, les revenus des producteurs et l’approvisionnement des marchés locaux.

Ces préoccupations sont mises en évidence ce mardi 13 octobre, à l’occasion de la Journée mondiale des agriculteurs, célébrée chaque année à cette date.

Dans plusieurs villages de Walikale, les changements dans le rythme des pluies perturbent le calendrier agricole. Les cultivateurs éprouvent des difficultés à déterminer les périodes favorables aux semis et aux récoltes. Cette situation expose leurs champs à des pertes, alors que la majorité d’entre eux dépendent directement de l’agriculture pour subvenir aux besoins de leurs familles.

À ces contraintes s’ajoutent le manque de semences de qualité, l’accès limité aux techniques agricoles adaptées et l’insuffisance des moyens permettant de faire face aux dérèglements climatiques.

« Nous pouvons passer plusieurs mois à préparer les champs, à semer et à entretenir les cultures, mais lorsque les pluies ne suivent pas le calendrier habituel, nous risquons de perdre une partie de nos efforts. Nous avons besoin d’un accompagnement pour mieux nous adapter aux changements climatiques », témoigne un agriculteur de Walikale.

Outre les difficultés liées aux conditions météorologiques, l’absence de routes praticables constitue un autre frein majeur à la commercialisation des produits agricoles, notamment dans les groupements Usala, Waloa Yungu et Waloa Uroba.

Dans ces zones, les producteurs rencontrent d’importantes difficultés pour acheminer leurs récoltes vers les centres de consommation. Certains parcourent de longues distances à pied avec leurs marchandises, tandis que d’autres sont contraints de brader leurs produits pour éviter qu’ils ne se détériorent.

« Même lorsque nous récoltons suffisamment de produits, leur transport reste un grand problème. Les distances sont longues et les moyens de déplacement sont limités. Nous pouvons vendre à un prix très bas simplement parce que nous ne voulons pas rentrer avec nos produits ou les laisser pourrir », explique un cultivateur du groupement Usala.

Les difficultés d’accès aux marchés avaient déjà été signalées en juillet 2025 par les agriculteurs des axes Mera-Lukaraba et du groupement Usala. Ces derniers avaient plaidé pour l’ouverture et l’aménagement de routes capables de relier les bassins de production aux centres de commercialisation.

Sur l’axe Mera-Lukaraba, les cultivateurs avaient indiqué que des récoltes abondantes ne leur garantissaient pas nécessairement des revenus satisfaisants, faute de moyens pour les écouler. Dans le groupement Usala, ils avaient sollicité la réhabilitation de l’axe Bukucha-Mikingiro, passant par Kakuku en direction de Nkassa, afin de faciliter l’accès au marché de Pinga.

La situation reste également préoccupante sur l’axe Walikale-Nyasi, où la dégradation de la chaussée entrave l’acheminement des produits vivriers provenant notamment des axes Nyasi-Butua et Nyasi-Kakundu-Katete vers Walikale-centre.

« Pendant la saison des pluies, les routes deviennent parfois presque impraticables. Il faut alors beaucoup plus de temps pour transporter les produits, et certains acheteurs refusent de se déplacer jusque dans nos villages. Nous demandons la réhabilitation de ces routes pour pouvoir vendre nos récoltes dans de meilleures conditions », témoigne un producteur de l’axe Nyasi-Kakundu-Katete.

Face à ces obstacles, les agriculteurs appellent à des actions concrètes pour améliorer leurs conditions de travail. Ils souhaitent notamment la réhabilitation et l’entretien régulier des routes de desserte agricole, la disponibilité de semences améliorées ainsi qu’un accompagnement technique leur permettant d’adapter leurs pratiques aux changements climatiques.

La sécurisation des zones agricoles constitue également une priorité pour la relance des activités. En juillet 2025, l’insécurité avait notamment provoqué l’arrêt des travaux d’ouverture de la route Buhimba-Ntoto, compromettant les perspectives de désenclavement des localités concernées.

L’amélioration des conditions de production et de commercialisation apparaît ainsi essentielle pour renforcer la sécurité alimentaire et soutenir l’économie locale, dans un territoire où de nombreux ménages vivent principalement des activités agricoles.

À l’occasion de cette Journée mondiale des agriculteurs, les difficultés rencontrées à Walikale rappellent que l’augmentation de la production ne suffit pas. Les cultivateurs ont également besoin de routes accessibles et d’un appui technique approprié pour écouler leurs récoltes à des prix rémunérateurs et améliorer durablement leurs conditions de vie.

La rédaction

0 Comments

Leave a comment