La hausse du prix de la farine de manioc, aliment de base dans le centre commercial de Mubi, situé à 32 kilomètres à l’ouest de Walikale-centre, suscite l’inquiétude des habitants. Cette situation, que certains consommateurs assimilent à une aggravation de la précarité alimentaire, intervient dans un contexte marqué par l’acheminement d’une partie de la production agricole vers les zones d’exploitation minière.
Au marché central de Mubi, le prix de la mesurette de farine de manioc, communément appelée « Sakombe », a fortement augmenté ces derniers jours. Un gobelet se vend désormais à 1 500 FC, alors que trois gobelets coûtaient 2 000 FC il y a quelques jours.
Selon plusieurs vendeuses rencontrées sur place, cette flambée des prix s’explique notamment par le fait que les agriculteurs préfèrent écouler leurs récoltes dans les carrés miniers, où ils espèrent obtenir de meilleurs revenus.
« Les agriculteurs préfèrent amener toutes leurs récoltes dans les carrés miniers, car ils y gagnent davantage. Du coup, la farine de manioc se raréfie dans la cité. Ceux qui disposent d’une petite quantité à vendre augmentent les prix, et c’est toute la population qui en fait les frais », explique une vendeuse du marché de Mubi.
Cette raréfaction de la farine de manioc affecte directement les ménages, dont certains peinent désormais à assurer les repas quotidiens. Les consommateurs déplorent une hausse des dépenses alimentaires qui dépasse leurs capacités financières.
Une mère de famille, rencontrée au marché, témoigne de ses difficultés face à cette augmentation.
« Avec la conjoncture économique actuelle, comment allons-nous nourrir nos enfants avec cette flambée des prix ? J’ai sept enfants. Mon époux et moi devons prévoir au moins dix gobelets par jour. Où allons-nous trouver 15 000 francs congolais chaque jour ? », s’interroge-t-elle, visiblement préoccupée.
Du côté des services de l’Économie, une source chargée de la réglementation de la structure des prix affirme qu’une décision de l’administration territoriale visant à revoir à la baisse les prix des denrées alimentaires existe déjà. Toutefois, son application et son suivi demeurent insuffisants, selon cette source qui s’est exprimée sous anonymat.
« L’administration territoriale avait déjà pris des mesures pour revoir la structure des prix, mais c’est le suivi qui pose problème. Voilà pourquoi la population continue de souffrir », déclare-t-elle.
Face à cette situation, le chef du groupement Utunda, Mwami Bakora Shebihembe, appelle les agriculteurs à se regrouper au sein de coopératives agricoles. Il propose notamment la création de dépôts de vivres à Mubi afin de renforcer l’approvisionnement du marché, de réduire les risques de pénurie et de contribuer à la stabilisation des prix des denrées alimentaires.
La situation reste préoccupante pour les habitants de Mubi, qui attendent des mesures concrètes pour améliorer l’approvisionnement en produits agricoles et rendre les denrées de première nécessité plus accessibles aux ménages.
La rédaction

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