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Site de Rhoo attaqué : quand les déplacés de Djugu « meurent deux fois »

La terreur a de nouveau frappé le territoire de Djugu. Le site de déplacés de Rhoo a été la cible d’une attaque meurtrière attribuée à la milice Coopérative pour le Développement du Congo CODECO dans la nuit du 11 au 12 octobre 2026. Le drame s’est produit en chefferie de Bahema Nord, une entité trop victime de la CODECO depuis son avènement en 2017.

Selon des sources locales, des hommes armés identifiés comme des éléments de la CODECO ont fait irruption dans le site aux environs de la nuit, ouvrant le feu sur des civils sans défense. Le bilan provisoire fait état de 4 civils tués et de plusieurs autres blessés.

Ces déplacés, qui avaient déjà fui les atrocités dans leurs villages d’origine, ont été surpris dans leur sommeil. Le pire a été évité de justesse grâce à l’intervention rapide des casques bleus de la MONUSCO. Basés non loin du site, ils ont pourchassé les assaillants et limité l’ampleur du carnage, confirment plusieurs témoins sur place.

Mais dans leur fuite, les miliciens se sont déchaînés sur les villages environnants. Au moins 7 villages ont été systématiquement pillés. Boutiques saccagées, vaches et chèvres emportées, la population dépouillée de tout.

Une situation que déplore la société civile locale. Son répondant, Charité Banza, que nous avons joint, regrette pour la énième fois le retard d’intervention des FARDC, pourtant alertées selon lui. Pour cette structure citoyenne, ce retard récurrent laisse le champ libre aux groupes armés qui dictent leur loi dans plusieurs entités de Djugu, malgré la présence des forces de défense et de sécurité.

Contactée, la société civile appelle à un renforcement urgent du dispositif sécuritaire autour des sites de déplacés, devenus des cibles privilégiées des miliciens.

Jusqu’à présent, aucune communication officielle n’a été rendue publique ni du côté de l’armée, ni de l’administration territoriale. Un silence qui, selon plusieurs observateurs, est devenu une accoutumance depuis un certain temps dans ce territoire meurtri par plus de huit ans de violences cycliques.

Nickson Manzekele

 

 

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