Le secrétaire principal du parquet général de Tshikapa, au Kasaï, dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC), a été suspendu pour 3 mois après des violences contre un avocat vendredi 9 octobre 2026, tandis que le barreau exige un procès en flagrance pour établir les responsabilités.
L’agent Kamukenge Kabuese Romain, matricule 476.765, est visé par une mesure préventive de suspension de 3 mois, selon une décision administrative signée par Lubansi Lutuna Adeline, première secrétaire du parquet général près la Cour de cassation, parvenue lundi 12 octobre.
« L’agent Kamukenge Kabuese Romain, matricule : 476.765 pré-qualifié, est suspendu de ses fonctions par mesure préventive d’une durée de 3 mois. La présente décision sort ses effets à la date de sa signature », indique le document.
Cette mesure fait suite à plusieurs griefs disciplinaires reprochés au magistrat. Les faits évoqués concernent notamment la gestion des frais de consignation, des propos injurieux envers un avocat et des violences physiques sur ce dernier au sein de l’office.
« Avoir créé une opacité dans la gestion des frais de consignation en les gardant dans son domicile plutôt qu’à l’office aux fins de détournement desdits fonds ; avoir tenu des propos injurieux au sein de l’office à l’égard d’un avocat ; avoir porté des coups et blessures au précité, suscitant la clameur publique. Ces faits constituent un manquement grave aux devoirs de son état, à l’honneur et à la dignité de ses fonctions, prévu par les articles 64 et 65 du régime disciplinaire », précise la décision.
Malgré cette sanction administrative, le barreau des avocats du Kasaï maintient sa demande d’un procès en flagrance. Son bâtonnier, Hubert Ngulandjoko, estime que la suspension ne répond pas entièrement aux attentes de la corporation, qui réclame que l’agent mis en cause réponde de ses actes devant la justice.
« Nous avons été informés de l’ouverture de la procédure disciplinaire et de la décision administrative prise par la première secrétaire du parquet général près la Cour de cassation. Toutefois, cela ne rencontre nullement la volonté du barreau. Nous continuons à exiger la tenue d’un procès en flagrance pour que cet agent du parquet réponde de ses actes conformément à la loi », a déclaré Hubert Ngulandjoko.
En signe de solidarité avec leur confrère, les avocats du barreau du Kasaï avaient suspendu leurs prestations au palais de justice de Tshikapa après les violences survenues vendredi 9 octobre, alors que la victime exerçait ses fonctions. Cette mobilisation visait à dénoncer les faits et à réclamer une réponse judiciaire à la hauteur de leur gravité.
Elisé Kant

0 Comments