La rentrée scolaire 2025-2026 a viré au fiasco dans la sous-division éducationnelle Mambasa 2, en territoire de Mambasa (Ituri). En ce lundi 1er septembre, jour officiel de la reprise des cours sur toute l’étendue de la RDC, l’engouement n’était pas au rendez-vous.
Sur un total de 151 écoles primaires et secondaires que compte cette sous-division, seules 19 ont effectivement ouvert leurs portes. Soit un taux de réalisation de seulement 12%, selon les données recueillies auprès des autorités éducatives locales.
Sur le terrain, le constat est amer. Dans la majorité des centres éducatifs, les salles de classe sont restées vides. Pas de craie, pas de tableau noir animé, pas de cris d’enfants. Les cours de récréation, habituellement bondées le premier jour, sont restées silencieuses et désertes.
Cette rentrée trop timide trouve son explication dans un seul mot : l’insécurité. Presque tous les centres éducatifs de Mambasa 2 sont situés dans des zones sous menace des groupes armés encore actifs dans la région. Une psychose généralisée qui paralyse toutes les activités.
Par peur des incursions et des exactions, de nombreux parents ont préféré garder leurs enfants à la maison. « Comment envoyer mon enfant à l’école alors que nous ne savons pas si nous allons fuir dans la brousse à tout moment ? » s’interroge un parent rencontré à Teturi par nos confrères sur place.
Du côté des enseignants, la situation n’est guère reluisante. Plusieurs d’entre eux, craignant pour leur sécurité, ont quitté leurs postes et se sont réfugiés dans des agglomérations jugées plus sûres, comme Mambasa-Centre ou Biakato. Ceux qui sont restés hésitent encore à reprendre le chemin de l’école.
Joint au téléphone, Michel Ipunio responsable de la sous-division parle d’une situation catastrophique et appelle les autorités à agir. Il plaide pour un renforcement du dispositif sécuritaire afin de permettre aux enfants de jouir de leur droit fondamental à l’éducation.
En attendant, ce sont des milliers d’élèves qui sont privés de cours. Une année blanche qui se profile déjà si rien n’est fait, avec comme conséquence directe l’augmentation du taux de déperdition scolaire et de la délinquance juvénile dans cette partie de l’Ituri.
Les regards sont désormais tournés vers la suite de la semaine. Les acteurs éducatifs espèrent un frémissement, une reprise progressive des activités scolaires si l’accalmie sécuritaire se confirme. Mais pour l’heure, la rentrée scolaire à Mambasa 2 reste un échec.
Nickson Manzekele, à Bunia

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