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RDC : les étudiants du Nord-Kivu rejettent la suspension des universités et alertent sur une année blanche

La jeunesse estudiantine du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a rejeté, jeudi 8 octobre 2026, la suspension des activités académiques dans les établissements publics, réclamant une reprise des cours dès le 15 octobre pour éviter une année blanche.

Dans une déclaration rendue publique à cette date, les étudiants affirment ne se reconnaître coupables d’aucun acte répréhensible pouvant justifier la privation d’une année académique à toute une génération d’apprenants. Ils dénoncent une décision dont les conséquences pourraient, selon eux, compromettre leur avenir et fragiliser davantage le système universitaire dans cette partie du pays.

« Obliger toute une génération d’apprenants à passer 365 jours d’oisiveté et d’inaction », déplorent-ils dans leur déclaration, tout en dénonçant des « motifs politiques dépourvus de fondement légal ». La jeunesse estudiantine considère cette situation comme « une bombe à retardement », susceptible d’entraîner des conséquences « incalculables » sur le plan éducatif et social.

Les étudiants critiquent également la perspective de transférer plus de 6 000 apprenants de Goma vers des établissements situés dans les zones sous contrôle du gouvernement congolais. Ils estiment qu’une telle mesure manque de bon sens et d’humanisme, compte tenu des difficultés que pourrait représenter le déplacement de milliers de jeunes pour poursuivre leurs études.

Face à cette situation, la jeunesse estudiantine du Nord-Kivu affirme disposer d’une alternative permettant de relancer les activités académiques à partir du 15 octobre, date annoncée récemment par les autorités de fait. Elle assure que les préparatifs nécessaires ont été engagés pour permettre aux établissements concernés de reprendre leurs activités.

« Nous nous félicitons d’ores et déjà de toutes les dispositions qui ont été prises en amont, y compris celles consistant à assurer le corps scientifique, académique, ainsi que le personnel administratif, technique et ouvrier », souligne la déclaration.

Les étudiants appellent ainsi leurs camarades et les futurs apprenants à prendre leurs responsabilités dans la perspective de la nouvelle année académique 2026-2027. Ils affirment que les conditions nécessaires à la reprise des enseignements ont été réunies et invitent la communauté estudiantine à contribuer à la relève de la République démocratique du Congo.

Cette revendication intervient alors que la suspension des activités académiques dans les établissements d’enseignement supérieur et universitaire de Goma, au Nord-Kivu, et de Bukavu, au Sud-Kivu, remonte au mois d’août dernier. Le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation avait pris cette mesure après la nomination de nouveaux comités de gestion par l’AFC/M23 dans les établissements situés dans les zones concernées.

Estimant subir les conséquences d’un différend politique entre les autorités de Kinshasa et les responsables de fait dans les zones occupées, les étudiants avaient notamment adressé des plaidoyers à la MONUSCO afin de faire entendre leurs préoccupations et d’obtenir la levée de la suspension. Depuis ces démarches, aucune évolution favorable n’a été signalée dans les éléments communiqués, tandis que l’approche de la rentrée académique 2026-2027 ravive les craintes d’une interruption prolongée des études pour des milliers de jeunes.

Elisé KANT

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