RDC : le Haut-Katanga devient l’épicentre du Mpox, la riposte sanitaire jugée urgente
La République démocratique du Congo (RDC) a tiré la sonnette d’alarme face à une dégradation préoccupante de sa situation épidémiologique, marquée par une progression rapide du Mpox et la persistance du choléra dans plusieurs régions du pays.
Selon des données du ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale consultées le 11 février par LesVolcansNews.net, la province minière du Haut-Katanga, dans le sud-est du pays, est désormais considérée comme l’épicentre de l’épidémie de Mpox. Le taux de positivité y atteint 58 %, un niveau jugé alarmant et largement supérieur à la moyenne nationale estimée à 39 %.
La maladie gagne du terrain, en particulier dans des zones urbaines densément peuplées comme la ville de Lubumbashi, ainsi que dans des zones frontalières stratégiques telles que Sakania. Les autorités sanitaires évoquent également l’existence probable de chaînes de transmission communautaire encore non identifiées, ce qui complique davantage la riposte.
À ce jour, 1 557 288 personnes ont été vaccinées contre le Mpox dans seulement huit des 26 provinces que compte la RDC. Un chiffre que les autorités elles-mêmes jugent insuffisant au regard de la population nationale, estimée à plus de 100 millions d’habitants. À l’issue de la réunion hebdomadaire sur la situation épidémiologique, tenue le lundi 9 février, les acteurs du secteur de la santé ont annoncé la mise en œuvre d’une réponse massive et coordonnée dans les quinze prochains jours, estimant la situation « urgente ».
Parallèlement, le choléra demeure une autre source majeure de préoccupation. Bien qu’une légère baisse hebdomadaire des cas ait été observée — 1 369 cas recensés contre 1 472 la semaine précédente — l’incidence reste élevée, avec plus de 500 cas signalés chaque semaine. Les provinces du Sud-Kivu, du Nord-Kivu, à l’est du pays, et du Haut-Lomami, au sud-est, concentrent l’essentiel des infections.
Le gouvernement congolais et ses partenaires appellent la population à la vigilance, au respect strict des mesures d’hygiène et à l’adhésion à la vaccination. Toutefois, la recrudescence du Mpox met en lumière de profondes faiblesses structurelles du système de santé. Identifié pour la première fois chez l’homme en RDC en 1970, le Mpox n’est pas une maladie nouvelle pour le pays, qui dispose pourtant d’une longue expérience scientifique et épidémiologique sur ce virus.
Plus de cinquante ans après cette première identification, la répétition des flambées épidémiques soulève des interrogations sur la gouvernance sanitaire, la lenteur des réponses et le sous-financement chronique du secteur. Des experts estiment que des campagnes de vaccination de masse, une surveillance renforcée aux frontières et une stratégie ciblée dans les grands centres urbains auraient pu limiter la propagation du virus.
Au-delà de la santé publique, les conséquences pourraient être économiques et diplomatiques. La propagation du Mpox dans les zones frontalières et les grandes villes accroît le risque d’isolement international, dans un contexte où investisseurs, partenaires étrangers et acteurs humanitaires restent attentifs à la capacité des États à gérer les crises sanitaires.
Les populations congolaises demeurent les premières victimes de ces défaillances, confrontées à une prévention insuffisante, à des réponses tardives et à des infrastructures sanitaires souvent inadéquates. Malgré les promesses de réformes et d’amélioration des services sociaux formulées depuis l’accession au pouvoir du président Félix Tshisekedi en janvier 2019, les résultats concrets dans le secteur de la santé restent difficiles à percevoir.
Alors que le Mpox et le choléra continuent de menacer plusieurs régions du pays, la RDC fait face à un test majeur de sa capacité à protéger durablement la santé de sa population et à restaurer la confiance dans son système sanitaire.
La rédaction










