Le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku, a ravivé dimanche 11 octobre 2026, en République démocratique du Congo, la polémique autour de Joseph Kabila, revisitant six épisodes survenus entre 2008 et 2013 et l’accusant de responsabilités présumées dans l’instabilité de l’Est.
Dans une tribune consacrée aux déclarations de l’ancien président, Julien Paluku revient sur plusieurs événements militaires qui ont marqué l’histoire récente du Nord-Kivu, notamment les affrontements de Tongo en 2008, l’arrestation de Laurent Nkunda en 2009, la prise de Goma par le M23 en 2012 et la défaite de ce mouvement sur la colline de Chanzu en 2013.
L’ancien gouverneur du Nord-Kivu, qui a dirigé cette province de 2007 à 2019, affirme que certaines décisions prises sous le régime de Joseph Kabila méritent, selon lui, d’être réexaminées à la lumière de la situation sécuritaire actuelle. Il évoque notamment des ordres militaires controversés, des opérations dont il conteste la conduite et des complicités présumées, sans que ses accusations constituent, à elles seules, une preuve de responsabilité de l’ancien chef de l’État.
« C’est après son arrivée à Goma que nous avons compris », soutient Julien Paluku, en référence à la présence de Joseph Kabila dans cette ville du Nord-Kivu en mai 2025. Cette arrivée, dans une ville alors contrôlée par l’AFC/M23, avait suscité de vives réactions au sein de la classe politique congolaise.
Pour le ministre du Commerce extérieur, cette présence soulève des interrogations au regard du passé militaire de Joseph Kabila et des opérations menées contre les mouvements armés dans l’Est du pays durant sa présidence. Julien Paluku estime que les événements qu’il rappelle doivent être mis en perspective avec les accusations actuelles visant l’ancien président, notamment celles portant sur ses relations présumées avec les forces qui combattent le gouvernement de Kinshasa.
Au-delà de cette relecture historique, Julien Paluku s’en est également pris au discours de Joseph Kabila sur la situation politique et sécuritaire du pays. Il reproche à l’ancien président de ne pas accorder suffisamment de place aux souffrances des populations de l’Est, confrontées aux violences armées et à la crise humanitaire, alors que la région fait également face à des urgences sanitaires, dont la maladie à virus Ebola.
Face à ces divergences, l’ancien gouverneur appelle les Congolais à défendre l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo aux côtés du président Félix Tshisekedi. Il rejette les accusations d’opportunisme politique formulées contre lui et présente son engagement comme un devoir patriotique plutôt qu’une démarche destinée à obtenir ou à conserver un poste au sein des institutions.
« Ce n’est pas de l’opportunisme pour obtenir un poste. Non, c’est un devoir sacré pour le citoyen congolais que je suis », affirme-t-il, défendant ainsi son soutien aux autorités actuelles face aux menaces sécuritaires dans l’Est. Il insiste également sur la nécessité de préserver l’unité nationale et de privilégier la défense du pays au-delà des intérêts politiques individuels.
« Personne ne nous chassera de cette terre ! », lance Julien Paluku, qui appelle à la résistance et à la mobilisation nationale. Pour lui, la défense de la souveraineté congolaise ne doit faire l’objet d’aucune négociation. « Aimer et défendre son pays ne se négocie pas », martèle-t-il, en invitant les citoyens à se mobiliser pour la reconquête de l’intégrité territoriale.
Cette confrontation verbale entre Julien Paluku et Joseph Kabila intervient alors que l’Est de la RDC reste marqué par plusieurs décennies de conflits armés. Depuis la fin des années 2000, le Nord-Kivu a notamment connu la progression du CNDP de Laurent Nkunda, la prise de Goma par le M23 en novembre 2012, puis la défaite militaire de ce mouvement en novembre 2013, après des opérations menées par les Forces armées de la RDC avec l’appui de la brigade d’intervention de la MONUSCO.
Ces épisodes continuent d’alimenter les débats sur la gestion des conflits, les choix militaires des différents dirigeants et les responsabilités politiques dans la persistance de l’insécurité.
Elisé Kant

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