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RDC : après 50 ans de carrière, Anne-Marie Odia Malaïka réclame la consécration des pionniers des médias congolais

La journaliste et productrice Anne-Marie Odia Malaïka célèbre ce vendredi 7 août 2026 ses 50 ans de carrière médiatique et les 25 ans de l’émission « Tribune des femmes », à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, lors d’une activité organisée avec l’appui de la Fondation Friedrich Ebert.

Pour Anne-Marie Odia Malaïka, cette célébration ne constitue toutefois pas une consécration, mais plutôt une reconnaissance de son parcours professionnel et de son engagement de plusieurs décennies dans les médias congolais.

« Ce n’est pas une consécration, mais en fait une reconnaissance par la fondation allemande Friedrich, qui m’a découverte à travers les 25 ans de “Tribune des femmes” qu’elle a parrainés. Donc c’est simplement un jour de reconnaissance, et j’en suis fière », a-t-elle déclaré lors d’un entretien avec lesvolcansnews.net.

Après un demi-siècle passé dans le secteur médiatique, la journaliste estime que la formation reçue, notamment dans la production, demeure l’un des acquis les plus importants de son parcours. Elle explique que ce métier lui a permis de rencontrer différentes personnalités et de s’ouvrir davantage à la société.

« Je suis journaliste de formation, mais en plus j’ai eu la formation en production. Être producteur, c’est un métier. Et c’est finalement ce métier de productrice qui m’a élevée, qui m’a fait découvrir le monde », a-t-elle témoigné.

Son engagement professionnel s’est également construit autour de la défense des droits des femmes.

À travers ses différentes émissions, Anne-Marie Odia Malaïka affirme avoir consacré une grande partie de son travail à donner davantage de visibilité aux femmes congolaises et à leurs préoccupations.

« J’ai découvert beaucoup de femmes, parce que c’est en fait mon cheval de bataille, le droit des femmes. J’ai dû creuser, travailler cette dimension féminine où je peux aujourd’hui écrire sur la femme congolaise », a-t-elle ajouté.

La relève, un défi pour la RTNC

Malgré ses 50 années de carrière, la journaliste ne se considère pas encore au terme de son engagement. Elle dit vouloir continuer à travailler afin de transmettre son expérience aux jeunes générations, particulièrement dans le domaine de la production radiophonique.

Elle estime que plusieurs émissions importantes risquent de disparaître si des jeunes professionnels ne sont pas suffisamment formés pour assurer leur continuité.

« Je ne partirai pas maintenant, tant que je n’ai pas formé des gens pour nous remplacer dans ces émissions-là », a insisté Anne-Marie Odia Malaïka.

Selon elle, le manque de jeunes intéressés par la production constitue aujourd’hui une difficulté majeure. Les diplômés des écoles de journalisme s’orientent davantage vers la rédaction, la télévision ou la radio, alors que peu choisissent la production d’émissions.

Cette situation touche particulièrement la présence féminine dans ce secteur, estime-t-elle. Les quelques jeunes femmes déjà engagées dans la production bénéficient ainsi d’un accompagnement afin de pouvoir progressivement prendre la relève.

Une consécration attendue de l’État

Pour Anne-Marie Odia Malaïka, la reconnaissance accordée par la Fondation Friedrich Ebert constitue une marque importante, mais elle ne remplace pas la consécration qu’elle estime devoir venir de l’État congolais et de la Radio-Télévision nationale congolaise.

Elle rappelle que plusieurs anciens professionnels des médias ont consacré plusieurs décennies au service de la radio et de la télévision nationales, certains ayant même dépassé 50 années de carrière.

« C’est le pays, c’est le gouvernement congolais qui doit me consacrer, et non une fondation. Nous devons recevoir une enveloppe consistante, et nous devons recevoir le mérite civique. C’est là la consécration », a-t-elle affirmé.

La journaliste souhaite ainsi que les professionnels ayant marqué l’histoire des médias nationaux soient davantage valorisés et considérés comme des références pour les générations actuelles.

Un parcours marqué par la promotion des femmes

Le parcours d’Anne-Marie Odia Malaïka s’inscrit dans une longue tradition de production d’émissions consacrées aux questions sociales, à la citoyenneté, à la culture et particulièrement aux droits des femmes.

Parallèlement à cette célébration, Christine Lenzo, journaliste, présentatrice du journal télévisé, productrice et cheffe de service à la RTNC, est également mise en avant pour ses 31 années d’expérience et son engagement de 25 ans dans l’émission « Tribune des Femmes ».

Anne-Marie Odia Malaïka est présentée comme une figure emblématique des médias congolais. Directrice à la RTNC 2 Radio de développement, réalisatrice, productrice, conceptrice et animatrice à la RTNC, elle a contribué à l’évolution de la télévision nationale et s’est engagée dans la promotion de la culture, des droits humains et de la citoyenneté.

Une histoire à transmettre

À Kinshasa, cette célébration intervient alors que les médias congolais connaissent une multiplication des chaînes de radio et de télévision, offrant davantage d’espaces d’expression aux nouvelles générations de journalistes et de producteurs.

Mais pour Anne-Marie Odia Malaïka, cette évolution ne devrait pas conduire à l’effacement de la mémoire professionnelle. Après 50 ans de carrière et 25 ans de « Tribune des femmes », elle entend encore transmettre son savoir-faire avant de quitter définitivement l’antenne.

Son message reste donc tourné vers la relève : préserver les émissions historiques, former de nouveaux professionnels et permettre à la nouvelle génération de poursuivre le travail commencé par les pionniers de la radio et de la télévision en République démocratique du Congo.

Elisé Kant

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