À LA UNE

Nord-Kivu : les femmes de Goma plaident pour une participation accrue aux initiatives de paix en RDC

Un appel en faveur d’une participation accrue des femmes aux processus de paix, à la protection de l’environnement et au développement durable a été lancé vendredi 31 juillet 2026 à Goma, au Nord-Kivu, par plus de 70 organisations féminines réunies à l’occasion de la Journée internationale de la femme africaine.

« Aujourd’hui, en cette grande fête de la femme africaine, nous avons lancé un appel aux partenaires nationaux et internationaux ainsi qu’au Gouvernement de la RDC de renforcer la participation de la femme dans le processus de paix, car nous ne voulons plus de la guerre. Nous voulons que les armes se taisent », a déclaré Rachel Mululu, point focal de la Synergie Femmes, Paix et Sécurité.

Organisée à la Maison de la Femme de Goma, cette rencontre a constitué un espace d’échanges sur le rôle de la femme dans la consolidation de la paix, la protection de l’environnement et la promotion du développement durable. Placée sous le thème « Femme africaine, pilier du développement durable, actrice du changement pour l’Afrique de demain », elle a réuni des organisations féminines venues de plusieurs territoires de la province du Nord-Kivu.

Les participantes ont consacré une partie importante des discussions à la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui encourage la participation des femmes à tous les niveaux des processus de prévention, de gestion et de règlement des conflits.

« Cette résolution valorise la femme et l’encourage à participer activement aux décisions prises dans les plus hautes instances. Elle favorise également le réseautage entre les organisations féminines afin de renforcer leurs actions », a expliqué Mme Yvette.

La représentante d’ONU Femmes a, pour sa part, insisté sur la protection des femmes victimes de violences et sur la nécessité d’impliquer davantage les hommes dans cette lutte.

« Il faut dénoncer les abus commis contre les femmes, se faire accompagner par des femmes et des hommes leaders, tout en ne négligeant pas l’implication des hommes. Il est également indispensable d’associer les organisations féminines qui œuvrent pour la valorisation de la femme », a-t-elle déclaré.

Les travaux ont également porté sur la protection de l’environnement. Les intervenantes ont encouragé le reboisement, la bonne gestion des déchets et la préservation des ressources naturelles, estimant que ces actions constituent des leviers essentiels du développement durable.

« La protection de l’environnement commence dans nos familles. Lorsque les femmes sont sensibilisées, elles transmettent les bonnes pratiques à leurs enfants et contribuent à bâtir des communautés plus responsables face aux défis climatiques », a affirmé une participante de l’organisation GCD.

L’éducation à la paix et au vivre-ensemble a figuré parmi les recommandations formulées au cours des échanges. Les participantes ont rappelé que les femmes jouent un rôle essentiel dans la transmission des valeurs de cohésion sociale, de respect mutuel et de non-violence au sein des familles et des communautés.

Rachel Mululu a appelé les autorités publiques, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations de la société civile à soutenir davantage les initiatives destinées à promouvoir les droits des femmes, la protection des enfants et leur implication dans les mécanismes de prévention des violences.

« Les femmes, en tant que mères, éducatrices et actrices de développement, disposent des capacités nécessaires pour contribuer efficacement à la prévention des conflits, aux négociations de paix et à la promotion de la cohésion sociale. C’est pourquoi nous encourageons leur participation active dans tous les processus de prise de décision relatifs à la paix et à la sécurité », a-t-elle soutenu.

La rencontre a aussi donné la parole aux femmes vivant avec albinisme ainsi qu’aux représentantes des peuples autochtones, qui ont plaidé pour une meilleure inclusion dans les politiques publiques et les initiatives de développement.

« Les femmes vivant avec albinisme doivent être considérées comme des actrices à part entière du développement. Nous voulons participer aux décisions, faire entendre notre voix et contribuer à la construction de la paix comme toutes les autres femmes », a déclaré Léa Ziraji.

La représentante des femmes autochtones a, quant à elle, insisté sur la nécessité de prendre en considération les préoccupations de sa communauté.

« Les femmes autochtones sont souvent confrontées à la pauvreté, à l’exclusion et aux conflits. Pourtant, nous avons aussi des connaissances et des valeurs qui peuvent contribuer à la paix, à la protection de l’environnement et au développement durable. Nous demandons que notre voix soit davantage entendue », a-t-elle plaidé.

Au nom de la FAFEV, la coordinatrice de cette organisation a exhorté les autorités à garantir une participation effective des femmes dans les dialogues engagés en République démocratique du Congo.

« Les femmes ne doivent plus être de simples observatrices des dialogues organisés en RDC. Elles doivent y prendre une part active, car leurs expériences, leurs propositions et leur leadership sont indispensables pour bâtir une paix durable, inclusive et bénéfique pour toutes les communautés », a-t-elle déclaré.

La cérémonie s’est achevée par une exposition des réalisations des organisations participantes et un engagement commun à poursuivre les actions de sensibilisation en faveur de la paix, de la protection de l’environnement, de la cohésion sociale et du développement durable.

Située dans l’est de la République démocratique du Congo, Goma est le chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Chaque 31 juillet, l’Afrique célèbre la Journée internationale de la femme africaine, instituée à la suite de la première Conférence des femmes africaines organisée le mercredi 31 juillet 1962 à Dar es Salaam, en Tanzanie. Depuis 2016, la Synergie Femmes, Paix et Sécurité mène des activités de sensibilisation sur les droits des femmes, la consolidation de la paix et la protection de l’environnement dans plusieurs territoires du Nord-Kivu.

La redaction

0 Comments

Leave a comment