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Nord-Kivu : le manque de carburant immobilise les ambulances et paralyse la riposte contre Ebola dans plusieurs zones de santé

La pénurie de carburant perturbe fortement les activités de riposte contre la maladie à virus Ebola dans les zones touchées du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo. La situation a été dénoncée vendredi 30 octobre 2026 par le député provincial Alain Siwako, élu du territoire de Beni.

Selon cet élu provincial, le manque de carburant empêche les ambulances, les corbillards et les véhicules des équipes sanitaires de fonctionner normalement. Une situation qui compromet notamment la prise en charge des malades, le transport sécurisé des dépouilles et les opérations de surveillance épidémiologique.

« Toutes les ambulances sont restées immobiles par manque de carburant. Aucun corbillard n’a pu circuler par manque de carburant. À certains moments, les laboratoires ne parviennent plus à fonctionner faute de carburant. Il y a donc une pénurie de carburant dans toute la zone touchée par le virus Ebola. Nous ne savons plus quoi dire, car chaque jour, nous continuons à enregistrer des décès et de nouveaux cas positifs », a déclaré Alain Siwako.

Le député déplore également l’incapacité des équipes de riposte à effectuer leurs descentes sur le terrain, notamment pour la recherche active des personnes susceptibles d’être infectées et le suivi des contacts. Ces difficultés risquent, selon lui, de compliquer davantage les efforts visant à contenir la propagation de l’épidémie.

L’élu a particulièrement dénoncé le transport des corps de personnes décédées d’Ebola par leurs familles sur des motos, faute de corbillards disponibles. Il estime que cette pratique expose les populations à des risques supplémentaires de contamination.

« Il n’est pas normal qu’aujourd’hui, on dise que les ambulances ne peuvent pas circuler et que les corbillards ne peuvent pas transporter les corps faute de carburant. Ce sont désormais les familles qui transportent les corps de personnes décédées d’Ebola sur des motos. Imaginez le risque que cela représente pour la propagation de la maladie. Nous alertons le gouvernement central pour qu’il débloque les fonds et fournisse les moyens nécessaires à l’équipe locale de coordination contre la maladie à virus Ebola afin de mettre fin à cette épidémie », a-t-il recommandé.

Alain Siwako affirme avoir déjà saisi plusieurs responsables et institutions pour obtenir une réponse urgente. Il cite notamment le gouverneur du Nord-Kivu, actuellement en séjour à Kinshasa, la coordination locale de la riposte, les représentants de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ainsi que le caucus des députés nationaux. Il souhaite que ces démarches permettent de mobiliser les autorités nationales autour de cette difficulté.

Le député s’est également interrogé sur la destination des millions de dollars annoncés pour financer la lutte contre Ebola, alors que les structures locales seraient confrontées à un manque de moyens aussi essentiels que le carburant. Il a, dans la même intervention, attiré l’attention sur la progression de la maladie dans les zones de santé de Mabalako, Mutwanga et Beni, où il évoque une augmentation importante des cas positifs et des décès.

Face à cette situation, Alain Siwako appelle le gouvernement central à intervenir rapidement pour approvisionner les équipes sanitaires en carburant et remettre en circulation les ambulances, les corbillards ainsi que les autres véhicules affectés à la riposte.

Dans le Nord-Kivu, province située dans l’est de la RDC, la disponibilité des moyens logistiques demeure déterminante pour assurer la surveillance des cas suspects, le suivi des personnes exposées et la prise en charge des malades. L’alerte lancée par cet élu intervient alors que les zones de santé de Beni, Mabalako et Mutwanga font face à des défis sanitaires liés à l’épidémie d’Ebola.

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