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Lubumbashi : Jacques Kyabula refait surface, entre ferveur populaire et interrogations politiques


Après plusieurs jours de disparition, le gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula Katwe, est réapparu publiquement ce jeudi matin devant sa résidence officielle à Lubumbashi.

Acclamé par une foule de militants de l’Alliance pour la République et le Développement (ARDev) et des supporters du FC Saint-Éloi Lupopo, l’homme fort du Katanga a salué, souriant, ses partisans, visiblement décidé à reprendre sa place sur la scène politique provinciale.


La veille, mercredi 23 juillet, le Conseil provincial de sécurité s’était réuni à huis clos à son domicile, après plusieurs tentatives infructueuses pour le localiser. Selon des sources sécuritaires locales, cette réunion aurait permis d’obtenir des éclaircissements sur son absence prolongée, qui alimentait les spéculations dans la presse et au sein de la classe politique.


Jacques Kyabula n’avait plus été vu en public depuis le début du mois de juillet, après avoir manqué une convocation à Kinshasa pour des consultations avec le vice-premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani. Le 18 juillet, la Direction générale des Migrations (DGM) avait même émis un avis de recherche, évoquant une disparition jugée préoccupante par les autorités centrales.


Ce retrait faisait suite à une prise de parole remarquée à Lubumbashi, durant laquelle Kyabula avait affirmé que Joseph Kabila et Corneille Nangaa étaient des “Congolais” avec qui les différends devaient être réglés “en famille”, tout en qualifiant le Rwanda d’adversaire principal dans le conflit à l’est de la RDC. Une déclaration jugée ambiguë à Kinshasa, alors que l’ancien président Kabila est régulièrement cité dans des rapports évoquant un possible soutien à l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et aux rebelles du M23.


D’après nos sources au ministère de l’Intérieur, l’absence de Kyabula avait entraîné sa mise en retrait temporaire, avec la désignation de son vice-gouverneur pour assurer l’intérim. Toutefois, dans son entourage, on évoque des problèmes de santé pour justifier ce retrait soudain.


Interrogé brièvement ce jeudi, Jacques Kyabula s’est voulu rassurant : « Je n’ai jamais fui. Il fallait du repos. J’ai toujours été ici, avec mon peuple. »

Il a annoncé être attendu à Kinshasa ce week-end, sauf modification de dernière minute.


Si cette apparition publique a été saluée par ses partisans comme un retour triomphal, les autorités de Kinshasa suivent de près l’évolution de la situation.

Le dossier Kyabula pourrait bien peser lourd dans les réajustements politiques à venir, à l’heure où les tensions internes au sein du pouvoir s’accentuent dans un climat sécuritaire tendu à l’est du pays.

La rédaction

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