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Ituri : « Nous souffrons, mais nous sommes debout », la lettre du docteur Théophile Ponde à El Dan Dorado

Au lendemain du sacre d’El Dan Dorado à la compétition Vodacom Best of the Best 2026, les hommages pleuvent. Mais l’un d’eux a particulièrement touché le cœur des Ituriens. Celui du Dr Théophile Ponde, coordonnateur du programme national de l’hygiène aux frontières PNHF Ituri.

Dans une lettre ouverte intitulée « À DAN ELDORADO, une voix qui traverse les épreuves », le médecin rend un hommage poétique au jeune artiste parti de Bunia pour conquérir Kinshasa. Pour le docteur Ponde, cette victoire intervient dans un contexte particulier.

« Dans une terre où le silence parfois s’impose, où la peur vient frapper les portes et les maisons, où les rassemblements deviennent difficiles, tu es venu, Dan Eldorado, avec ta voix comme une lumière », écrit-il.

Il rappelle qu’en ce moment, l’Ituri traverse une saison douloureuse, marquée par la résurgence d’Ebola, les mesures sanitaires qui éloignent les foules et l’insécurité qui continue de meurtrir les cœurs dans plusieurs zones.

« Mais au milieu de cette épreuve, il fallait bien que quelqu’un chante encore. Il fallait une voix pour rappeler que l’Ituri n’est pas seulement une terre de douleurs, mais aussi une terre de talents, une terre de courage, une terre où l’espérance refuse de mourir », poursuit-il.

Pour lui, El Dan Dorado a creusé son chemin dans la compétition avec le courage de celui qui avance lorsque le chemin devient difficile. Il a offert à tout un peuple un moment de respiration, un sourire au milieu des larmes.

Le docteur Ponde n’oublie pas les voix qui se sont tues. Il rend hommage aux artistes emportés par la maladie, à l’image de Nana Miriam, dont le souvenir demeure dans la mémoire des mélomanes ituriens. Il note cependant une lueur d’espoir : grâce aux efforts intenses de tous les acteurs engagés dans la riposte, l’épidémie évolue favorablement et est désormais sous contrôle, même si la vigilance reste de mise. C’est dans ce contexte que la joie apportée par Dan Eldorado prend tout son sens.

« Tu es venu nous rappeler que même lorsque la vie nous impose des distances, la musique peut rapprocher les cœurs. Que même lorsque les frontières sanitaires se ferment, la voix de l’artiste peut franchir les frontières de la peur », souligne le Dr Ponde.

Au-delà de la performance artistique, il voit dans ce sacre un triple message. Un message à la jeunesse : ne jamais renoncer à ses rêves. Un message aux artistes : continuer à faire vivre la culture même dans l’épreuve. Et un message à l’Ituri : nos blessures ne doivent pas étouffer nos talents.

Il conclut par un appel vibrant : « Dan Eldorado, chante encore. Chante pour ceux qui pleurent. Chante pour ceux qui espèrent. Chante pour l’Ituri, pour l’espace Grande Orientale et pour tout l’Est de la République ».

Une lettre qui se termine par une phrase devenue déjà virale à Bunia : « Nous souffrons, mais nous sommes toujours debout. Nous avons perdu des voix, mais nous n’avons pas perdu notre chanson. L’Ituri pleure aujourd’hui… mais l’Ituri chantera encore demain. »

Rédaction

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