Les ressortissants de Kanyola, au Sud-Kivu, ont commémoré samedi 10 octobre 2026, à Kinshasa, les massacres perpétrés dans leur village il y a 30 ans, en appelant les autorités de la République démocratique du Congo à instaurer une justice transitionnelle pour les victimes et leurs familles.
Réunis sur la place du Génocide, dans la capitale congolaise, les participants ont rendu hommage aux victimes des violences de masse qui ont endeuillé l’est de la République démocratique du Congo. Cette commémoration a été marquée par des témoignages sur les massacres de Kanyola et de Ninja, ainsi que par des appels à la reconnaissance des crimes, à l’établissement de la vérité et à la réparation des préjudices subis.
Devant la presse, les survivants et les ressortissants de Kanyola ont dénoncé les atrocités commises contre les populations civiles et réclamé des mesures concrètes en faveur des familles endeuillées. Ils ont notamment insisté sur la nécessité de mettre en place un mécanisme de justice transitionnelle capable de reconnaître les souffrances des victimes, d’établir les responsabilités et de favoriser la réparation.
Au cours de cette rencontre, plusieurs témoignages ont rappelé les violences qui ont frappé les communautés du Sud-Kivu, notamment les tueries, les destructions d’habitations et les déplacements de populations. Les intervenants ont décrit les conséquences durables de ces événements sur les familles, dont certaines continuent de porter les séquelles des massacres plusieurs décennies après les faits.
Des récits particulièrement douloureux ont également été évoqués, notamment au sujet des violences infligées à des femmes dans la forêt de Mugaba. Selon un témoignage présenté lors de la commémoration, des victimes auraient subi des traitements inhumains, tandis que des proches auraient dû réunir de l’argent pour obtenir la libération de certaines personnes enlevées.
Ces déclarations mettent en lumière la nécessité de documenter les faits avec rigueur, de recueillir les témoignages des survivants et de permettre aux autorités judiciaires compétentes d’établir les circonstances exactes des crimes dénoncés.
Les participants ont également mis en cause des acteurs qu’ils accusent d’avoir participé aux violences. Ils ont notamment désigné des ressortissants rwandais comme responsables présumés de ces atrocités.
Les survivants ont par ailleurs exprimé leur inquiétude face à la persistance des violences dans l’est de la RDC. Ils ont dénoncé le fait que les populations continuent de subir les conséquences des conflits armés, alors que les familles des victimes des massacres antérieurs attendent toujours, selon leurs déclarations, une reconnaissance officielle et des réparations.
Ils ont également établi un lien entre leur démarche mémorielle et la guerre actuelle menée par le M23 dans l’est du pays, accusant les acteurs qu’ils considèrent comme responsables des anciennes atrocités de contribuer à la poursuite des souffrances des populations. Ces affirmations reflètent leurs déclarations et doivent être distinguées des responsabilités qui pourraient être établies par des enquêtes.
Pour les familles présentes à Kinshasa, la justice transitionnelle représente un moyen de faire la lumière sur les crimes du passé, de reconnaître les victimes et de prévenir la répétition des violences. Elles attendent des autorités congolaises des initiatives concrètes associant vérité, justice, réparation et garanties de non-répétition.
Cette commémoration s’inscrit dans un devoir de mémoire qui demeure essentiel pour les communautés affectées par les conflits dans l’est de la République démocratique du Congo. Trente ans après les faits évoqués par les participants, les survivants de Kanyola et leurs proches réclament toujours que les souffrances endurées soient reconnues et que les responsabilités soient établies.
La mémoire des massacres de Kanyola et de Ninja rappelle ainsi les conséquences humaines des violences qui ont marqué le Sud-Kivu au fil des décennies. Pour les participants, la reconnaissance des victimes et l’accès à une justice effective restent indispensables à la dignité des familles endeuillées et à la construction d’une paix durable en RDC.
La Rédaction

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