Le patriarche Kombola Shangi, figure marquante de Bushushu, dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, est décédé vendredi 4 septembre 2026 à 4 heures du matin, après avoir contribué au développement économique local, notamment dans la pêche, l’agriculture et le commerce.
Considéré comme l’un des anciens de la localité de Bushushu, Kombola Shangi faisait partie des personnes qui ont contribué à l’introduction et au développement de la pêche des fretins, communément appelés « Sambaza » et « Ndugu », dans cette partie du territoire de Kalehe, à l’est de la République démocratique du Congo.
Selon Léon Ciringa, son beau-fils, Kombola Shangi avait quitté Ibindja avec certains de ses compagnons entre les années 1970 et 1980, une période marquée par une importante crise économique en RDC. Arrivés à Bushushu, ils ont découvert une région disposant de terres agricoles fertiles et d’un accès au lac, deux atouts qui leur ont permis de développer différentes activités.
« Vers les années 1970-1980, le monde, y compris la RDC, avait été touché par une crise économique sans précédent. Le pays avait connu une forte inflation et une baisse sévère du pouvoir d’achat. Le vieux Kombolo avait quitté Ibindja avec ses amis pour chercher de la nourriture à Bushushu durant ces années-là. Sur place, ils avaient trouvé un sol riche, mais aussi un lac riche. Ils ont commencé des échanges de produits agricoles contre des biens de première nécessité entre cette localité et le Rwanda par voie lacustre. Cette activité a favorisé le désenclavement économique de la région », a témoigné Léon Ciringa, beau-fils de Kombola Shangi.
Avec le temps, ces échanges ont contribué à renforcer les relations commerciales entre Bushushu et les localités voisines. Kombola Shangi et ses compagnons se sont également installés dans la région, où ils ont fondé leurs familles.
« Ils ont amené par la suite la pêche des fretins et des petits poissons. Cette pêche a fait du village de Chabondo, à Bushushu, une entité névralgique, car des femmes et des hommes quittaient Kalehe-centre, Ihusi, Nyamukubi, voire Nyabibwe, pour acheter les Sambaza et Ndugu à Chabondo », a-t-il ajouté.
L’activité de pêche a ainsi progressivement pris une place importante dans l’économie de plusieurs ménages de la région. Pour Moussa, originaire de Bushushu et ancien pêcheur, le défunt était également un homme d’expérience sur le lac.
« Moi, j’ai grandi sur le lac grâce à ce notable. Il connaissait les caprices du climat. Il savait quand il allait faire mauvais temps et nous orientait sur les endroits où nous devions pêcher selon les conditions météorologiques. C’était un maître du lac. Nous avons beaucoup appris de la pêche grâce à lui », s’est-il rappelé.
Kombola Shangi s’était également investi dans la culture artisanale du café à Kalehe. Il faisait partie des producteurs qui participaient à la production et à la commercialisation du café dans la région, contribuant ainsi aux activités agricoles et commerciales locales.
Au-delà de ses activités économiques, il était aussi présenté par ses proches comme une personne sollicitée dans le règlement des différends familiaux. Plusieurs familles de la région faisaient appel à lui pour favoriser le dialogue et rechercher des solutions aux conflits.
Jusqu’à sa mort, il exerçait également les fonctions de chef de village à Ibindja, son milieu d’origine, où il était retourné quelques années avant sa disparition. Son décès, survenu vendredi 4 septembre 2026, à un âge qui n’a pas été précisé, laisse ainsi le souvenir d’un homme dont le parcours s’est confondu avec plusieurs étapes de l’évolution économique et sociale de Bushushu.
Dans les années 1970 et 1980, Bushushu dépendait encore fortement des échanges locaux et lacustres pour l’accès à plusieurs produits de première nécessité. Les activités développées progressivement autour de l’agriculture, du commerce, du café et de la pêche des petits poissons ont contribué à faire de Chabondo un point d’approvisionnement connu dans le territoire de Kalehe, situé dans la province du Sud-Kivu, à l’est de la RDC, sur les rives occidentales du lac Kivu.
Elisé Kant

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