Dans plusieurs artères de la ville de Goma, le pari sportif prend une ampleur grandissante. À proximité de Caracholini, vers l’entrée dite « Trois Lampes », non loin du rond-point Mutinga, les trottoirs ont progressivement changé de visage.
Chaque jour, des jeunes s’y retrouvent, téléphones en main, attentifs aux statistiques des championnats européens ou africains. Pour certains, ces espaces improvisés sont devenus des lieux de socialisation, mais aussi d’espoir face au manque d’opportunités professionnelles.
Dans un contexte marqué par le chômage et la précarité économique, le pari sportif apparaît pour eux comme une possibilité, bien qu’incertaine, d’améliorer leur quotidien.
Dans la ville, les agences de paris se sont multipliées. Des enseignes physiques côtoient les plateformes numériques accessibles par téléphone. Cette présence accrue témoigne de l’essor du secteur, porté par une demande locale en constante progression.
Mais derrière l’attrait du gain rapide, les risques sont réels. Un jeune parieur, ayant requis l’anonymat, évoque une expérience marquante. Il raconte avoir misé 150 dollars lors d’un match de l’équipe nationale congolaise. La défaite lui a fait perdre une somme importante, non sans conséquences sur sa stabilité financière.
Des témoignages similaires font état d’un mélange d’adrénaline et de pression psychologique. Certains reconnaissent une dépendance progressive, alimentée par l’espoir de compenser les pertes précédentes par un gain futur.
Pour des observateurs locaux, l’expansion du pari sportif s’inscrit dans un contexte socio-économique difficile. La crise persistante et le manque d’emplois formels poussent une frange de la jeunesse vers ces activités, perçues comme des alternatives accessibles.
Si pour quelques-uns le pari reste un simple loisir, pour d’autres, il tend à devenir une stratégie de survie fragile.
Victoire Muliwavyo










