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Génocost en RDC : autorités, FONAREV et confessions religieuses mobilisent la population pour la mémoire et la paix

La commémoration nationale du Génocost a réuni ce dimanche 2 août 2026 à Kisangani, dans la province de la Tshopo au nord-est de la République démocratique du Congo, autorités, responsables religieux et FONAREV pour honorer les victimes, promouvoir la justice, la mémoire, la réparation et renforcer l’engagement citoyen.

« Cette commémoration n’est ni une simple évocation historique ni une cérémonie protocolaire appelée à s’effacer de nos mémoires une fois achevée. Elle constitue un moment de recueillement, de vérité et de responsabilité qui nous oblige à regarder notre histoire avec lucidité, à reconnaître l’ampleur des souffrances subies par notre peuple et à mesurer les devoirs qui découlent de cette connaissance », a déclaré le gouverneur intérimaire de la Tshopo, Didier Lomoyo Iteku.

Organisée à l’occasion de la Journée nationale du Génocost, la cérémonie a rassemblé les autorités provinciales, les représentants des confessions catholique, protestante (ECC), kimbanguiste et musulmane, ainsi que le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV).

L’un des principaux temps forts de cette journée a été le lancement officiel de la campagne nationale de collecte de signatures en faveur de la reconnaissance du Génocost congolais et du renforcement des démarches de vérité, de justice, de mémoire et de réparation des victimes.

« L’un des temps forts de cette commémoration est la campagne nationale de collecte de signatures en faveur de la reconnaissance du Génocost et du soutien aux démarches de vérité, de justice, de mémoire et de réparation des victimes. Nous invitons chaque Congolais et chaque Congolaise, sans distinction, à accomplir un geste de solidarité, de responsabilité et de patriotisme en signant cette pétition », a déclaré Hervé Lemfuka, représentant du FONAREV.

Selon le FONAREV, cette initiative vise à fédérer les Congolais autour d’un plaidoyer national et international afin d’obtenir une reconnaissance des souffrances endurées par les populations victimes des violences armées et de renforcer les mécanismes de réparation.

Les responsables des confessions religieuses ont insisté sur la nécessité de transformer cette journée de mémoire en un engagement permanent en faveur de la paix, du pardon et de la solidarité entre les Congolais.

« La commémoration des Génocost congolais ne doit pas se limiter au souvenir des victimes. Elle doit être un moment de prise de conscience collective, un appel au retour à l’amour du prochain, à la solidarité et au respect de la vie humaine afin de mettre fin aux violences qui endeuillent notre pays », a affirmé le révérend Samuel Lotika, responsable de l’Église du Christ au Congo (ECC) dans la Tshopo.

Le responsable religieux a également appelé les Congolais à privilégier l’unité nationale et à rejeter toute forme de haine ou de division.

« Nous lançons un appel à tous les Congolais à privilégier l’unité, le pardon et la paix. La mémoire des victimes des massacres doit nous conduire à reconstruire notre vivre-ensemble et à rejeter tout discours de haine ou de division », a poursuivi le révérend Samuel Lotika.

Les représentants des différentes communautés religieuses ont rappelé que les survivants et les familles des victimes doivent bénéficier d’un accompagnement moral, spirituel et social afin de favoriser leur réhabilitation.

« Dieu nous appelle à aimer notre prochain, à protéger la vie et à promouvoir la justice. Les croyants doivent être des artisans de paix et de réconciliation afin de contribuer à l’édification d’une nation unie et solidaire », a déclaré le révérend Roger Bomboli.

Au terme de la cérémonie, Cheik Ongala a invité les autorités, les leaders communautaires et l’ensemble des citoyens à poursuivre les efforts en faveur de la paix et de la cohésion nationale.

« La meilleure manière d’honorer la mémoire des victimes est de bâtir une société où règnent la paix, la justice, le pardon et la fraternité. C’est un engagement qui concerne chaque Congolais, sans distinction », a-t-il conclu.

Dans la province du Kasaï Central, située au centre de la République démocratique du Congo, la jeunesse a également été sensibilisée à son devoir de mémoire. Lors d’un panel organisé à Kananga par le Conseil provincial de la jeunesse en partenariat avec la structure Lumière du Kasaï, le président de l’Assemblée provinciale, Guy Sabangu, a exhorté les jeunes à faire de la vérité et de la justice les fondements d’une paix durable.

« La jeunesse est condamnée à un devoir de mémoire envers les victimes du Génocost. Ce devoir doit encourager un engagement collectif en faveur de l’unité nationale et de la réconciliation », a déclaré Guy Sabangu.

Le ministre provincial de la Jeunesse, Emmanuel Mwanza, a réaffirmé l’engagement du gouvernement provincial à poursuivre les actions de sensibilisation afin de protéger les jeunes contre toute instrumentalisation et de renforcer leur participation aux initiatives de paix.

Instituée officiellement en République démocratique du Congo, la Journée nationale du Génocost est célébrée chaque 2 août en mémoire des millions de Congolais ayant perdu la vie dans les violences ayant frappé particulièrement l’est du pays depuis les années 1990. La province de la Tshopo, dont Kisangani est le chef-lieu, est située au nord-est de la RDC, tandis que le Kasaï Central se trouve dans la partie centrale du pays. Cette journée de recueillement vise à préserver le devoir de mémoire, promouvoir la justice et soutenir les démarches de réparation en faveur des victimes et de leurs familles.

Elisé Kant

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