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RDC : Ensemble « Un parti, c’est un terrain d’entraînement » pour gérer la République selon Dieudonné Bolengetenge

Le secrétaire général d’Ensemble pour la République, Dieudonné Bolengetenge, appelle militants et cadres du parti de Moïse Katumbi à respecter les règles, alors que des tensions opposent Olivier Kamitatu et Salomon Kalonda, estimant que la discipline prépare l’organisation à gérer les affaires publiques.

Intervenant sur les tensions qui secouent actuellement Ensemble pour la République, Dieudonné Bolengetenge a appelé les membres du parti à privilégier les règles internes et à faire confiance aux instances disciplinaires pour régler les différends.

Pour le secrétaire général, une organisation politique ne peut fonctionner normalement que lorsque ses membres respectent les règles collectivement établies et acceptent les mécanismes prévus pour gérer les désaccords.

« Un parti, c’est un terrain d’entraînement » pour la gestion des affaires de la République, a déclaré Dieudonné Bolengetenge, estimant que la capacité d’Ensemble à régler ses propres difficultés constitue déjà une démonstration de son aptitude à exercer des responsabilités publiques.

Il a également mis en garde contre toute forme de « libertinage » au sein du parti, considérant que le non-respect des règles communes peut conduire à des incidents regrettables et fragiliser l’organisation politique.

Selon lui, le peuple congolais attend des résultats d’Ensemble pour la République. La meilleure manière de répondre à cette attente consiste donc, d’après lui, à démontrer que le parti est capable de gérer ses affaires internes dans le respect de ses propres structures.

Dieudonné Bolengetenge a, dans ce cadre, appelé les militants à faire confiance aux instances disciplinaires du parti, à différents niveaux, pour traiter ce qu’il qualifie d’« incident de parcours ».

Concernant l’éventualité d’un départ de Salomon Kalonda ou d’Olivier Kamitatu, le secrétaire général a rappelé que la Constitution garantit à tout Congolais la liberté d’adhérer à un parti politique ou d’en créer un.

Il a toutefois indiqué ne souhaiter le départ d’aucun des deux responsables, appelant plutôt les cadres d’Ensemble à rester soudés.

« Il faut serrer les coudes » pour poursuivre le combat du parti « jusqu’à la victoire finale », a-t-il déclaré.

Interrogé sur une éventuelle faiblesse liée aux anciennes formations politiques ayant participé à la création d’Ensemble pour la République, Dieudonné Bolengetenge a rejeté l’idée d’un chantage exercé par les responsables issus de ces organisations.

Il a expliqué que les principaux responsables de ces anciennes formations occupent aujourd’hui différentes fonctions dans la hiérarchie d’Ensemble et participent au fonctionnement de l’organisation.

« L’histoire des partis souches est derrière nous », a affirmé le secrétaire général, évoquant une architecture désormais unifiée dans laquelle les anciens responsables ont été répartis entre différentes structures, notamment le secrétariat national, le bureau politique, le comité des sages et la commission électorale permanente.

Il a toutefois reconnu l’existence de frustrations dans certaines entités, notamment lorsque des responsables n’ont pas été retenus pour diriger des fédérations au profit de cadres issus d’autres formations d’origine.

Malgré ces difficultés, Dieudonné Bolengetenge a mis en avant l’implantation territoriale d’Ensemble pour la République. Il a annoncé la nomination prochaine de présidents fédéraux dans les provinces et les grandes villes de la République démocratique du Congo, ainsi que la mise en place de comités jusqu’au niveau communal.

Le secrétaire général a reconnu que cette implantation demeure inégale selon les territoires. Certaines zones disposent d’une « forte implantation », tandis que dans d’autres, la présence du parti « progresse ».

Il a toutefois estimé que la popularité de Moïse Katumbi demeure importante et relativement homogène à travers le pays.

Sur l’autorité de Moïse Katumbi, Dieudonné Bolengetenge a également rejeté les informations faisant état d’une contestation interne de son leadership. Il a attribué ces affirmations à des « adversaires » qui chercheraient à faire croire que le président national ne contrôle plus son organisation.

Selon lui, aucune structure d’Ensemble pour la République n’a publiquement contesté l’autorité de Moïse Katumbi, y compris depuis son exil. Il a assuré que les cadres, élus et militants continuent de reconnaître en lui l’« autorité nationale numéro un » du parti.

Abordant ensuite les origines des tensions actuelles, le secrétaire général a reconnu la persistance de certains « réflexes liés au conditionnement » hérités des différentes formations ayant participé à la création d’Ensemble.

Il a rappelé que le parti est issu d’une « constellation » de formations politiques réunies autour de Moïse Katumbi, tout en excluant l’existence de courants idéologiques structurés pouvant opposer une tendance à droite à une autre à gauche.

Dieudonné Bolengetenge a cependant reconnu que cette architecture pouvait représenter une faiblesse, certains responsables conservant des liens particuliers avec leurs anciennes bases politiques.

Il a rappelé qu’après la convention nationale de 2023, Ensemble pour la République avait engagé une autoévaluation destinée à dépasser cette logique et à construire une organisation politique unique.

Selon lui, cette transformation est désormais largement acquise, plusieurs années après la création formelle du parti.

Les tensions entre Olivier Kamitatu et Salomon Kalonda restent néanmoins au cœur des interrogations. Interrogé samedi soir sur X, Dieudonné Bolengetenge a reconnu une situation tendue, mais a refusé de parler de crise.

Il a plutôt évoqué « une situation de malentendu aggravé » entre les deux dirigeants, tout en assurant qu’Ensemble pour la République « reste débout » et poursuit son combat en faveur de l’ordre constitutionnel.

Face aux critiques lui reprochant de minimiser les tensions, il a insisté sur le fait que « ce qui unit » les protagonistes « est plus important que ce qui peut diviser ».

Cette formule figurait déjà dans la déclaration commune publiée par Olivier Kamitatu et Salomon Kalonda après l’intervention de Moïse Katumbi. Dieudonné Bolengetenge a par ailleurs déploré que certains soutiens des deux responsables, pourtant extérieurs au différend, aient « débordé » le cadre de la dispute.

La direction d’Ensemble pour la République cherche ainsi à préserver l’unité du parti tout en laissant ses mécanismes internes traiter les différends entre responsables. Créé autour de Moïse Katumbi après le regroupement de plusieurs formations politiques, le parti avait engagé une réorganisation après sa convention nationale de 2023 afin de renforcer son fonctionnement comme une organisation politique unifiée.

 

ELISE KANT

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