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Beni : 12 ans après les massacres de Ngadi, les survivants réclament justice et réparation

Douze ans après les massacres du 15 octobre 2014 dans le quartier Ngadi, en ville de Beni, au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les victimes et les survivants continuent de réclamer justice, réparation et assistance aux familles endeuillées, alors que les défis sécuritaires persistent dans la région.

« Douze ans, c’est quand même trop. Douze ans, c’est trop. Si la justice ne vient pas pour sanctionner, ce cycle de violence va continuer », a déploré Maître Pépin Kavota, président de la coordination de la société civile de Beni.

Pour lui, l’établissement du bilan de ces douze années de violences nécessite une évaluation approfondie des pertes humaines et matérielles enregistrées dans la région. Il a appelé les autorités à renforcer les mesures de sécurité, tout en exhortant la population à collaborer avec les services compétents afin de faciliter la prévention des attaques. Il a également insisté sur la nécessité de sanctionner les responsables des massacres.

Un survivant, qui affirme avoir perdu quatre membres de sa famille lors de l’incursion du 15 octobre 2014, garde encore le souvenir de l’arrivée des assaillants et du changement brutal de leur comportement au cours de la soirée.

« Nous ne savions pas qu’il s’agissait de nos ennemis, car ils avaient partagé de la bière locale avec certains des résidents », a-t-il raconté avec regret.

Douze ans après, ce survivant appelle le gouvernement à apporter une assistance aux familles endeuillées, particulièrement à celles qui éprouvent des difficultés à prendre en charge les orphelins dont les parents ont péri lors de ces massacres.

Cette attaque attribuée aux terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF) avait coûté la vie à plus de 30 personnes et provoqué le déplacement de nombreux habitants. Malgré une accalmie relative observée dans le quartier, les survivants continuent de réclamer des mesures concrètes pour obtenir justice, bénéficier d’une assistance et vivre en sécurité.

Le chef du quartier Ngadi, Bakali Kima Maki, abordé par l’Agence congolaise de presse (ACP), a, de son côté, fait état d’une amélioration relative de la situation sécuritaire dans cette partie de la ville de Beni. Cette évolution permettrait aux habitants de fréquenter plus librement leurs champs.

Il a néanmoins invité la population à faire du 15 octobre une journée de méditation et de recueillement en mémoire des personnes tuées. Cette accalmie reste marquée par le souvenir des violences qui ont profondément affecté la communauté.

Le quartier Ngadi a de nouveau été endeuillé dans la nuit du 30 au 31 mai 2026, lors d’une attaque attribuée aux ADF qui a fait sept morts, dont six membres de la communauté autochtone pygmée, parmi lesquels le comédien Nzanzu Mangese, ainsi qu’un militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Cette nouvelle tragédie a rappelé que, malgré les années écoulées depuis les massacres de 2014, la protection des civils demeure un défi majeur dans cette partie du Nord-Kivu.

Pour les survivants, la commémoration du 15 octobre ne doit pas se limiter au devoir de mémoire. Ils attendent des autorités des actions concrètes pour protéger les populations, soutenir les familles victimes et traduire en justice les responsables des violences.

 

La rédaction

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