Les cossettes de manioc se font de plus en plus rares depuis plusieurs mois à Kibirizi, dans la chefferie de Bwito, en territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Cette situation affecte notamment les commerçants venus de Kiwanja pour s’approvisionner dans cette partie du territoire.
Selon des sources locales, plusieurs acheteurs sont contraints de prolonger leur séjour à Kibirizi, le temps de réunir les quantités de cossettes de manioc recherchées. Cette rareté serait principalement liée à la baisse progressive de la production, conséquence du désintérêt des agriculteurs pour cette culture.
Un habitant de Kibirizi explique que les cultivateurs ont, depuis près de deux ans, réduit les superficies consacrées au manioc, notamment en raison de la faiblesse du prix payé aux producteurs.
« En tout cas, les cossettes de manioc sont rares à Kibirizi. Depuis deux ans, les habitants plantent de moins en moins de manioc parce que ses cossettes s’achètent à un prix très réduit. Un sac de 100 kilos se négociait à 10 000 francs congolais, avant de descendre jusqu’à 8 000 francs. Le prix est ensuite remonté à 15 000 francs, où il est resté longtemps. Les paysans ont été déçus et ont progressivement abandonné cette culture. »
Cette baisse de la production se répercute aujourd’hui sur les prix. Alors qu’un sac de 100 kilos de cossettes de manioc se vendait récemment autour de 50 000 francs congolais, son prix atteint actuellement 65 000 francs, selon les informations recueillies localement.
Au-delà de la hausse des prix, cette situation commence également à modifier les habitudes alimentaires des habitants. Face à la difficulté d’accéder aux cossettes de manioc, certains ménages se tournent progressivement vers la farine de maïs pour préparer leur pâte, un aliment qui tend ainsi à prendre davantage de place dans la consommation locale.
Les acteurs du secteur agricole estiment que la relance de la production du manioc à Kibirizi dépendra notamment de l’amélioration des revenus des cultivateurs, afin de rendre cette culture de nouveau attractive pour les producteurs.
La rédaction

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