C’est une déclaration qui va sans doute créer une onde de choc à Bunia et sur l’ensemble de la province de l’Ituri. En point de presse ce mercredi 10 septembre, le député national Gratien Iracan de Saint-Nicolas, élu de la circonscription de Bunia, a levé le voile sur le financement de l’aéroport national de Bunia, un projet d’envergure que toute la population attend depuis des années.
Selon lui, contrairement à ce que l’on pourrait faire croire à l’opinion, ce financement ne provient pas d’un don ou d’un effort particulier du gouvernement central, mais il est directement issu des ressources minières d’un territoire iturien.
« C’est l’argent du peuple iturien », a-t-il martelé avec fermeté, une phrase lourde de sens qui vient rappeler à tous que si l’Ituri est riche de son sous-sol, cette richesse doit d’abord profiter à ses propres enfants avant toute autre considération.
L’élu national ne s’est pas contenté de cette révélation sur l’aéroport, un projet pourtant stratégique pour le désenclavement de la province, l’ouverture aux investissements et la relance économique de toute la région orientale. Il a élargi son coup de gueule à un autre dossier qui fâche à Bunia, celui de la voirie urbaine, où des kilomètres de routes sont asphaltés tambour battant mais dont la qualité laisse gravement à désirer.
Pour Gratien Iracan, le constat est amer et sans appel : la plupart de ces routes nouvellement asphaltées dans le cadre du programme de voirie urbaine ne respectent absolument pas les normes prescrites par la loi infrastructurelle en République Démocratique du Congo, avec des épaisseurs d’asphalte non conformes, un manque de caniveaux et des matériaux de mauvaise qualité.
Cette dénonciation n’est pas anodine dans une ville comme Bunia, qui est pourtant l’une des provinces qui contribuent le plus au trésor public grâce à l’exploitation de l’or et d’autres minerais, mais qui reste paradoxalement parmi les moins développées en termes d’infrastructures durables.
Iracan a dépeint le spectacle désolant de routes qui se fissurent, se trouent et se transforment en bourbiers seulement quelques mois après leur inauguration officielle, alors que des millions de dollars américains y ont été engloutis, au détriment du contribuable iturien qui finance lui-même ces ouvrages via ses propres ressources naturelles pillées et mal gérées.
Face à cette situation qu’il juge inacceptable et révoltante, le député national Gratien Iracan de Saint-Nicolas appelle à une plus grande transparence dans la gestion des marchés publics et à un contrôle technique rigoureux et indépendant de tous les ouvrages réalisés à Bunia. Pour lui, il est temps que le peuple iturien se réveille et exige des comptes, car on ne peut pas continuer à construire des infrastructures au rabais avec l’argent du peuple iturien et prétendre lui rendre service.
Nickson Manzekele

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