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Kenya : William Ruto ordonne des contrôles contre les étrangers dans le petit commerce, les chinois visés

Le président kényan William Ruto a ordonné, mercredi 2 septembre 2026 à Nairobi, des contrôles visant les étrangers actifs dans le petit commerce, notamment les ressortissants chinois, afin de réserver certaines activités de proximité aux entrepreneurs kényans, confrontés à une forte concurrence commerciale.

« En tant que gouvernement, nous ne pouvons pas permettre à des personnes de venir de Chine et d’ouvrir ici des magasins vendant les mêmes produits que les commerçants des MSME. Je vais demander un rapport à ce sujet et, s’il existe des magasins appartenant à des Chinois, nous les fermerons », a déclaré William Ruto.

Lors d’une rencontre à State House avec des représentants des micro, petites et moyennes entreprises (MSME), le chef de l’État a demandé à son administration d’identifier les commerces appartenant à des étrangers et exerçant des activités que les Kényans peuvent occuper.

Les contrôles doivent notamment concerner la vente ambulante, les petits commerces de détail et d’autres activités commerciales de proximité. Les ressortissants chinois ont été particulièrement cités par William Ruto, qui estime que leur présence dans certains secteurs accentue la pression exercée sur les entrepreneurs locaux.

Cette décision intervient alors que les petits commerçants kényans dénoncent depuis plusieurs années la concurrence étrangère dans plusieurs domaines, notamment la vente au détail, l’électronique, l’habillement et les marchandises courantes.

Le président kényan avait déjà défendu une position similaire en 2022, pendant sa campagne présidentielle. Il estimait notamment que certaines activités exercées par des ressortissants chinois, comme la vente de téléphones portables ou de maïs grillé, devaient être réservées aux Kényans. Il avait alors évoqué la possibilité d’expulser les étrangers concernés.

Quatre ans plus tard, cette promesse prend une nouvelle forme avec la demande adressée à l’administration de procéder à des vérifications et, lorsque les commerces sont concernés par les activités visées, d’en ordonner la fermeture.

La mesure intervient également dans une période de fortes tensions entre les petits commerçants et les autorités fiscales. Le vendredi 28 août 2026, la police kényane avait fait usage de gaz lacrymogènes contre des commerçants qui manifestaient contre une décision de la Kenya Revenue Authority (KRA).

L’administration fiscale avait relevé de 2,5 à 3,2 millions de shillings le seuil minimal de valorisation douanière des conteneurs consolidés de 40 pieds. Les commerçants craignaient que cette mesure entraîne une hausse importante du coût de leurs importations.

Face à la contestation, William Ruto a demandé à la KRA de revoir cette disposition et de rétablir le seuil de 2,5 millions de shillings. Il a également exigé l’établissement d’une liste précise des marchandises de grande valeur qui ne pourront pas bénéficier du régime de consolidation.

Le Kenya, pays d’Afrique de l’Est situé à l’est de l’Ouganda et au nord-est de la Tanzanie, partage également une frontière avec le Soudan du Sud, l’Éthiopie et la Somalie. Il se trouve à plusieurs centaines de kilomètres à l’est de la République démocratique du Congo, avec laquelle il entretient d’importants échanges commerciaux et diplomatiques.

Avec ces nouvelles instructions, William Ruto entend ainsi renforcer la place des entrepreneurs kényans dans les activités commerciales de proximité, alors que la question de la concurrence étrangère reste sensible dans le pays. Les contrôles annoncés à partir du lundi 7 septembre 2026 devront déterminer l’ampleur de la présence étrangère dans les secteurs ciblés.

Elisé Kant

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