Quatre personnes ont été tuées et une autre blessée jeudi 3 septembre 2026 après l’explosion d’un engin provoquée par un feu de brousse à Kamanyola, dans le territoire de Walungu, au Sud-Kivu, dans l’est de la RDC, selon une source locale ce jour.
L’explosion a touché les villages de Muhungu et Kamanyola, deux entités proches situées dans la chefferie de Ngweshe, dans le territoire de Walungu, au Sud-Kivu. Ces localités se trouvent dans l’est de la République démocratique du Congo, près de la frontière avec le Burundi.
Selon Bienvenu Shukuru, membre de la société civile à Muhungu, les éclats issus de l’explosion ont atteint les deux entités, aggravant le bilan humain.
« Les villages Muhungu et Kamanyola, deux entités rapprochées, ont été touchés par des éclats de l’explosion, rendant lourd le bilan. Le bilan est de quatre morts pour les deux entités », a déclaré Bienvenu Shukuru.
Une personne a également été blessée au cours de cet incident. Les circonstances précises de l’explosion seraient liées à la présence d’engins explosifs dans cette zone, où des munitions non explosées restent signalées dans certains champs et marais.
Cette nouvelle explosion ravive les inquiétudes de la société civile environnementale de Kamanyola, qui avait déjà alerté la population sur les dangers liés aux feux de brousse dans les secteurs susceptibles de contenir des engins explosifs.
En juillet 2026, l’expert en développement rural et porte-parole de la société civile environnementale de Kamanyola, Pierrot Mushigo, avait appelé les habitants à éviter toute manipulation imprudente du feu, particulièrement dans les espaces agricoles et pastoraux.
« Nous conseillons aux gens de respecter l’environnement et d’éviter la manipulation hasardeuse des feux contre la nature. Plusieurs bombes, obus et autres munitions non explosés demeurent disséminés dans les champs et marais », avait-il déclaré.
Pierrot Mushigo avait également expliqué que certains feux étaient allumés par des éleveurs afin de favoriser la repousse de l’herbe destinée au pâturage avant la prochaine saison culturale.
« Les feux sont souvent déclenchés par les éleveurs pour favoriser la repousse de l’herbe destinée au pâturage en prévision de la prochaine saison culturale. Nous appelons les éleveurs et l’ensemble de la population à renoncer à cette pratique dans la situation actuelle, marquée par la présence d’engins explosifs », avait-il ajouté.
L’acteur de la société civile environnementale avait par ailleurs dénoncé les conséquences de ces feux sur l’environnement, notamment les fumées observées le long des vallées des rivières Luvungi et Ruzizi, ainsi que la destruction du couvert végétal, la dégradation de la biodiversité et les risques de dégradation des sols.
Après cette nouvelle explosion meurtrière, la société civile environnementale renouvelle son appel à la population afin d’éviter de mettre le feu aux collines et aux montagnes durant la saison sèche. Elle estime que la prudence reste indispensable pour réduire les risques d’explosion et protéger les habitants, les éleveurs et les agriculteurs.
L’incident de ce jeudi 3 septembre 2026 rappelle les alertes déjà lancées sur la présence de munitions non explosées dans certaines zones de Kamanyola. En juillet dernier, la société civile environnementale avait précisément mis en garde contre les conséquences des feux de brousse dans les espaces potentiellement contaminés par ces engins.
Kamanyola est une localité du territoire de Walungu, dans la province du Sud-Kivu, à l’est de la RDC, dans la plaine de la Ruzizi et à proximité de la frontière avec le Burundi. La répétition de ces alertes souligne la nécessité de renforcer la sensibilisation de la population et d’éviter toute pratique susceptible de provoquer de nouvelles explosions.
Elisé Kant

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