La rentrée scolaire a repris mardi 1er septembre 2026 à Kalehe, dans le Sud-Kivu, avec des élèves retrouvant leurs classes malgré le manque de fournitures et d’uniformes, tandis que les enseignants dénoncent leurs difficultés salariales et appellent le gouvernement à améliorer les conditions de travail.
Situé dans l’est de la République démocratique du Congo, le territoire de Kalehe se trouve dans la province du Sud-Kivu, au nord-ouest de la ville de Bukavu, sur les rives occidentales du lac Kivu. Cette rentrée intervient alors que plusieurs familles continuent de faire face à des difficultés économiques et sociales.
Malgré cette situation difficile, la reprise des cours a suscité de l’espoir chez plusieurs familles et élèves. Dans plusieurs établissements scolaires, les enseignants étaient présents pour accueillir les apprenants et relancer les activités pédagogiques après la période des vacances.
Selon Benjamin Mungazi, président de la Nouvelle Société civile de Kalehe, cette reprise scolaire constitue avant tout un motif de reconnaissance, malgré les difficultés auxquelles la population reste confrontée.
« Malgré la situation de crise que traverse la population du territoire de Kalehe et ses différentes entités, nous devons remercier le Dieu Tout-Puissant de nous avoir aidés à franchir cette période et d’ouvrir les portes des écoles aux enfants », a déclaré Benjamin Mungazi.
Le responsable de la société civile relève toutefois que tous les élèves n’ont pas vécu cette rentrée de la même manière. Certains enfants n’ont pas pu rejoindre les salles de classe, notamment faute de moyens suffisants pour acheter les fournitures scolaires et les uniformes nécessaires.
Cette situation met également en lumière les difficultés rencontrées par les enseignants. Selon Benjamin Mungazi, ceux-ci ont repris les activités pédagogiques malgré des conditions salariales difficiles, notamment les retards dans la perception de leurs rémunérations et l’absence de majoration.
Il appelle ainsi le gouvernement national à améliorer et à revaloriser les salaires des enseignants, tout en veillant à l’application effective des mesures annoncées en leur faveur.
« Les enseignants sont prêts à commencer cette année malgré leur conjoncture difficile, notamment le manque de majoration et les difficultés à percevoir leurs salaires à temps. Nous demandons au gouvernement national d’améliorer et de majorer les salaires des enseignants et de mettre ces mesures en pratique », a-t-il plaidé.
Pour la Nouvelle Société civile de Kalehe, l’amélioration des conditions sociales des enseignants demeure essentielle pour garantir un enseignement de qualité et permettre aux établissements scolaires de fonctionner dans de meilleures conditions.
La structure citoyenne demande également un renforcement des moyens pédagogiques disponibles dans les écoles, particulièrement au niveau de l’enseignement primaire. Elle souhaite notamment que les établissements bénéficient de manuels scolaires et de guides destinés aux enseignants.
Benjamin Mungazi cite notamment les manuels de français, d’éducation civique et morale ainsi que de mathématiques parmi les outils nécessaires à l’amélioration de l’apprentissage.
« Nous demandons aussi que les écoles soient dotées de manuels, notamment les manuels de français, d’ECM et de mathématiques, ainsi que des guides pour les enseignants et d’autres outils nécessaires afin de faciliter une bonne éducation dans les écoles primaires », a-t-il indiqué.
La Nouvelle Société civile de Kalehe plaide par ailleurs pour une attention accrue à la question de la cantine scolaire. Selon cette organisation, l’accès à l’alimentation peut contribuer à améliorer la fréquentation des établissements et les conditions d’apprentissage des enfants, particulièrement dans les familles disposant de moyens limités.
Face aux difficultés économiques qui touchent certaines familles, Benjamin Mungazi encourage les parents à envoyer leurs enfants à l’école, en rappelant le principe de la gratuité de l’enseignement primaire.
« Nous demandons aux parents d’envoyer leurs enfants à l’école puisque l’enseignement primaire est gratuit », a-t-il déclaré.
La Nouvelle Société civile souhaite cependant que cette gratuité soit étendue à l’enseignement secondaire. Elle estime qu’une telle mesure contribuerait à alléger les charges qui pèsent sur les familles et permettrait à davantage d’enfants de poursuivre leur parcours scolaire.
« Nous demandons qu’il y ait aussi la gratuité dans les écoles secondaires afin de continuer à soulager les parents qui ont des difficultés à scolariser leurs enfants et à leur permettre de poursuivre leurs études », a ajouté Benjamin Mungazi.
À travers ces revendications, la Nouvelle Société civile de Kalehe demande aux autorités de renforcer les mesures destinées à améliorer les conditions d’apprentissage et de travail dans les établissements scolaires. L’organisation insiste notamment sur les salaires des enseignants, les équipements pédagogiques, les cantines scolaires et l’accès à l’enseignement secondaire.
La rentrée scolaire du mardi 1er septembre 2026 marque ainsi une nouvelle étape pour les élèves de Kalehe, mais les difficultés matérielles et salariales demeurent au centre des préoccupations exprimées par la société civile. Dans cette partie du Sud-Kivu, l’enjeu reste désormais de permettre aux enfants de poursuivre régulièrement leur scolarité tout en offrant aux enseignants des conditions de travail plus favorables.
La rédaction

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