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Kinshasa et Brazzaville appelées à la retenue après un accrochage fluvial meurtrier

La ministre d’État congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a appelé vendredi 28 août 2026 à la retenue et à la désescalade après un accrochage entre patrouilles fluviales près de Makotipoko, à la frontière entre la RDC et la République du Congo, faisant plusieurs victimes selon un bilan encore en cours d’établissement.

« Très rapidement, j’ai été en contact, évidemment, avec mon homologue, mais aussi rassurée par le fait que nos deux collègues, les ministres de la Défense respectives, sont aussi en échange permanent », a déclaré Thérèse Kayikwamba Wagner.

La cheffe de la diplomatie congolaise s’est exprimée alors qu’elle se trouve en République du Congo pour une visite officielle. Elle a indiqué que les autorités des deux pays poursuivent les échanges afin d’établir avec précision les circonstances de l’incident survenu sur le fleuve Congo, qui sépare la République démocratique du Congo de la République du Congo.

Selon elle, le bilan demeure provisoire et fait état de pertes en vies humaines des deux côtés du fleuve. Les autorités respectives travaillent à vérifier et à croiser les informations disponibles avant de tirer des conclusions définitives sur le déroulement des faits.

« Nous avons appris qu’il y a un bilan lourd, nous avons appris qu’il y a des vies humaines à déplorer. Des deux côtés, nous sommes en train de finaliser la triangulation de l’information », a-t-elle précisé.

Thérèse Kayikwamba Wagner a également appelé les populations et les différents acteurs à éviter la diffusion d’informations non vérifiées pendant que les autorités compétentes poursuivent leur travail d’établissement des faits.

Elle a souligné la nécessité de disposer d’une lecture claire de la situation avant toute communication définitive sur les responsabilités et les circonstances de l’accrochage.

« Nous voudrions quand même appeler à la retenue, pendant que les autorités respectives font le travail de trianguler l’information, d’avoir une lecture claire de ce qui s’est passé », a insisté la ministre.

L’incident intervient alors que les deux pays disposent de mécanismes de coopération destinés notamment à traiter les questions liées à leur frontière commune et à la sécurité. Pour la ministre congolaise, le renforcement de ces mécanismes demeure nécessaire afin de permettre aux autorités de mieux anticiper les tensions, prévenir les incidents et réagir rapidement lorsqu’ils surviennent.

« Mais aussi, rapidement, de prendre les mesures nécessaires pour une désescalade de la situation et pour une harmonisation de la situation, pour voir exactement ce qui s’est passé », a-t-elle ajouté.

Située dans le département des Plateaux, au nord de Brazzaville, Makotipoko se trouve sur la rive droite du fleuve Congo, face à la partie occidentale de la République démocratique du Congo. Cette proximité géographique fait de cette zone fluviale un espace où les mouvements des populations, des embarcations et des forces chargées de la surveillance peuvent nécessiter une coordination étroite entre les deux États.

L’incident de vendredi 28 août 2026 intervient ainsi dans un espace frontalier où la coopération entre Kinshasa et Brazzaville reste essentielle pour préserver la sécurité des populations riveraines et éviter que des incompréhensions entre forces des deux pays ne dégénèrent davantage.

 

Elisé Kant

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