Le ministre délégué chargé des Anciens combattants, Éliezer Ntambwe, a annoncé lundi à Kinshasa le transfert de 596 personnes à Kaniama-Kasese et la remise de 146 armes aux autorités de défense, après les opérations de pacification menées contre le phénomène Mobondo dans l’ouest de la RDC.
Lors d’un briefing de presse tenu à Kinshasa aux côtés du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, Éliezer Ntambwe a présenté l’évolution des opérations destinées à restaurer l’autorité de l’État dans plusieurs espaces affectés par les violences.
Selon le ministre délégué chargé des Anciens combattants, 596 personnes ont déjà été envoyées à Kaniama-Kasese, dans la province du Haut-Lomami, au sud-est de la République démocratique du Congo. D’autres personnes se trouvent encore dans différents sites de cantonnement, notamment dans les villages concernés et à Kinshasa.
« Nous avons envoyé 596 personnes à Kaniama Kasese. D’autres sont en cantonnement. Au vice-premier ministre de la Défense, nous avons remis 146 armes. Il y a d’autres armes qu’on a encore récupérées », affirme Éliezer Ntambwe.
Le membre du gouvernement a expliqué que ces opérations visent principalement à convaincre les personnes présentes dans les zones forestières de déposer les armes et de rejoindre un processus permettant le retour de la paix.
« La mission que j’ai reçue du Commandant suprême, c’est d’aller sensibiliser nos compatriotes qui étaient en brousse de déposer les armes. C’est l’exercice auquel je me suis soumis et la majorité d’entre eux sont avec nous », a-t-il déclaré.
Éliezer Ntambwe a également insisté sur la nature du phénomène Mobondo, qu’il considère comme lié principalement à des différends fonciers plutôt qu’à une opposition entre communautés.
« Le phénomène Mobondo est un conflit foncier qui a dégénéré », a indiqué le ministre délégué chargé des Anciens combattants.
Il a rejeté toute généralisation visant une communauté particulière, en rappelant que l’appartenance communautaire ne suffit pas à identifier les personnes impliquées dans les violences.
« Tout Yaka n’est pas Mobondo », a-t-il précisé.
Le ministre a par ailleurs fait état d’une évolution positive sur le terrain, affirmant que plusieurs villages ont retrouvé une situation plus stable et que des axes routiers stratégiques sont désormais accessibles.
« Sans crainte, la RN1 et la RN17 sont désormais fréquentables », a affirmé Éliezer Ntambwe.
Selon lui, 72 villages ont déjà été pacifiés grâce aux actions engagées par les autorités. Il a toutefois souligné que le processus se poursuit, notamment à travers le cantonnement, le désarmement et la récupération des armes encore en circulation.
« Un premier lot de 146 armes a été remis à la logistique par le VPM. D’autres armes y seront », a-t-il ajouté.
Le ministre délégué a également indiqué que les enquêtes se poursuivent afin d’établir les responsabilités dans les violences enregistrées dans les zones touchées. Il a précisé que les résultats de ces investigations devront être communiqués par les services compétents et, le cas échéant, par la justice.
« Il y a des enquêtes qui sont en train d’être menées. Je ne peux pas donner les résultats comme si j’avais les résultats des enquêtes. Même si je les avais, ce n’est pas à mon niveau. Ça sera donné au niveau de la justice », a-t-il expliqué.
Éliezer Ntambwe a terminé son intervention sur une note d’espoir, encourageant notamment les jeunes à s’enrôler dans les Forces armées de la République démocratique du Congo afin de contribuer à la défense du pays. Il a également appelé les responsables politiques, toutes tendances confondues, à œuvrer en faveur de la paix et de la stabilité.
Le phénomène Mobondo s’est développé dans plusieurs zones du Grand Bandundu et a provoqué des violences liées notamment aux conflits fonciers, avec des répercussions dans des espaces du Kongo-Central et de Kinshasa. Les opérations actuelles visent ainsi à poursuivre la récupération des armes, le cantonnement des personnes désarmées et la restauration progressive de l’autorité de l’État dans les zones affectées.
La Rédaction

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