Des éléphants en provenance du parc national des Virunga ravagent depuis plusieurs semaines les cultures des habitants de Nyamilima, dans le groupement de Binza, territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, compromettant les récoltes, exposant les cultivateurs à des dangers et faisant craindre une grave insécurité alimentaire.
Les cultivateurs affirment que les pachydermes sortent principalement la nuit pour envahir les champs et détruire tout sur leur passage. Bananiers, maïs, manioc, haricots, soja ou encore sorgho figurent parmi les cultures les plus touchées.
« C’est un grand malheur. Les éléphants arrivent dans nos champs, s’en prennent aux bananiers, au maïs, au soja, au sorgho. Ils ont tout terminé, tous les maïs sont par terre. Ils détruisent même la clôture pour traverser. Vraiment, ils nous ont déjà fait souffrir », témoigne un membre du comité des cultivateurs de Nyamilima.
Selon les habitants, les dégâts enregistrés privent plusieurs familles de leurs réserves alimentaires et compromettent les revenus issus de l’agriculture. Ils expliquent qu’un seul passage d’un troupeau d’éléphants suffit pour détruire un champ entier, réduisant à néant plusieurs mois de travail.
Au-delà des pertes agricoles, les riverains redoutent également les risques d’accidents. Ils indiquent que tenter de repousser ces animaux sauvages expose les cultivateurs à des blessures graves, voire à la mort, ce qui pousse plusieurs familles à abandonner leurs champs.
Les habitants disent avoir, à plusieurs reprises, alerté l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). Ils regrettent toutefois de ne constater aucune solution durable malgré les différentes démarches entreprises. Selon eux, la clôture installée entre le parc national des Virunga et la cité de Nyamilima ne suffit plus à empêcher les incursions des éléphants.
« Qu’on chasse ces éléphants pour que nous puissions lancer la nouvelle saison culturale. Nous peinons beaucoup. Vraiment, qu’on fasse tout pour les faire rentrer dans leur enclos », recommande un cultivateur.
À l’approche de la nouvelle saison agricole, les populations de Nyamilima craignent d’abandonner plusieurs terres cultivables si aucune mesure n’est prise rapidement. Elles estiment que cette situation pourrait aggraver davantage l’insécurité alimentaire dans cette partie du territoire de Rutshuru.
Nos tentatives pour obtenir la réaction des responsables de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) sont restées sans suite jusqu’à la publication de cet article.
Depuis plusieurs années, les populations vivant à proximité du parc national des Virunga dénoncent régulièrement les incursions d’animaux sauvages dans leurs champs. Le vendredi 20 juin 2025, des habitants de Nyamilima avaient déjà alerté sur d’importants dégâts causés par des éléphants, tout en appelant les autorités et l’ICCN à renforcer les mécanismes de protection afin de limiter les pertes agricoles et préserver les moyens de subsistance des riverains.
Par Victoire Muliwavyo

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