Sud-Kivu : 50 leaders communautaires formés pour devenir des remparts contre les violences basées sur le genre à Kabare

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50 leaders communautaires ont bénéficié, le 23 juin 2026 au Centre Matumaini dans le territoire de Kabare au sud Kivu d’une formation organisée par l’ONG Mwana Muke Kesho dans le cadre de l’approche SASA! Together afin de renforcer la prévention des violences basées sur le genre au sein des communautés locales.

« Chacun possède un pouvoir intérieur capable de transformer positivement sa communauté. Lorsqu’il est utilisé avec responsabilité, ce pouvoir devient un outil efficace pour prévenir les violences et promouvoir des relations fondées sur le respect », a déclaré Thérèse Maroyi, Assistante Suivi-Évaluation au sein de l’ONG Mwana Muke Kesho,

Réunis dans la salle du Centre Matumaini, les participants étaient composés notamment de chefs de collines, présidents de comités locaux, relais communautaires et autres personnes influentes dans leurs villages respectifs.

L’activité avait pour objectif de renforcer leurs capacités afin qu’ils deviennent des acteurs de changement dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. Elle s’inscrit dans le cadre du projet de soutien psychosocial mis en œuvre par Mwana Muke Kesho avec l’appui de KivinaKivina et le financement de l’African Women’s Development Fund (AWDF).

Tout au long de la journée, les participants ont été initiés à l’approche SASA! Together, une méthodologie qui met l’accent sur la compréhension des rapports de pouvoir au sein des familles et des communautés.

Selon les facilitatrices, les violences basées sur le genre trouvent souvent leur origine dans l’utilisation abusive du pouvoir. L’approche encourage ainsi les communautés à promouvoir des relations équilibrées, fondées sur le respect mutuel et l’égalité.

Au cours de son intervention, Thérèse Maroyi a développé le concept du « pouvoir intérieur », considéré comme l’un des piliers de cette approche.

Elle a expliqué que chaque individu possède plusieurs formes de pouvoir, notamment le pouvoir intérieur, le pouvoir sur, le pouvoir avec et le pouvoir de. Utilisées positivement, ces différentes formes de pouvoir peuvent contribuer au bien-être collectif.

« Lorsque le pouvoir est utilisé pour dominer ou imposer sa volonté à autrui, il peut devenir une source de violences. À l’inverse, lorsqu’il est exercé dans le respect et la responsabilité, il contribue à bâtir des communautés plus sûres et plus solidaires », a-t-elle expliqué,

Cette réflexion a suscité plusieurs échanges entre les participants. Certains ont reconnu que des comportements considérés comme normaux dans la société peuvent parfois favoriser des situations de violence ou de discrimination.

La formation a également porté sur l’accompagnement des survivantes de violences basées sur le genre.

Intervenant sur cette thématique, Rehema Kasongo Esther, comptable au sein de Mwana Muke Kesho et facilitatrice de la session, a insisté sur les attitudes que doivent adopter les leaders communautaires lorsqu’ils sont confrontés à une victime.

Elle a notamment présenté cinq principes fondamentaux : écouter attentivement, croire la survivante, la valoriser, respecter ses choix et garantir la confidentialité des échanges.

« Un leader ne doit jamais juger une survivante ni décider à sa place. Son rôle consiste à l’écouter, à la rassurer et à l’orienter vers les services compétents selon ses besoins », a souligné Rehema Kasongo Esther,

Les participants ont également été sensibilisés aux gestes essentiels permettant de soutenir efficacement une victime. Parmi ceux-ci figurent l’écoute sans préjugés, la sécurisation de la survivante, l’orientation vers les structures spécialisées ainsi que l’accompagnement tout au long du processus de prise en charge.

Pour les organisateurs, les leaders communautaires jouent un rôle déterminant dans la prévention des violences. Souvent considérés comme les premiers recours au niveau local, ils peuvent contribuer à identifier rapidement les situations à risque et à orienter les victimes vers les services appropriés.

Clôturant les travaux, Vanessa Shamamba a invité les participants à mettre en pratique les connaissances acquises au cours de la formation.

Elle leur a demandé de faire connaître leur rôle au sein des communautés, de renforcer leur collaboration et de diffuser les messages de prévention auprès de la population.

À l’issue de la session, les cinquante leaders ont signé un engagement d’action par lequel ils promettent de sensibiliser leurs communautés et de promouvoir un environnement protecteur pour les femmes et les filles.

« Je pensais que je n’avais aucun pouvoir pour agir face à ces situations. Aujourd’hui, j’ai compris que mon pouvoir intérieur peut contribuer à prévenir les violences dans ma communauté », a témoigné l’un des participants,

Cette activité intervient dans un contexte où les violences basées sur le genre demeurent une préoccupation majeure au Sud-Kivu. Selon les organisations de défense des droits des femmes, les conflits armés, les déplacements de populations, la pauvreté et les inégalités sociales continuent d’accroître la vulnérabilité des femmes et des filles. Face à cette réalité, plusieurs acteurs privilégient désormais les approches communautaires afin de renforcer la prévention et d’encourager l’implication des leaders locaux dans la protection des personnes les plus exposées.

Yseult Lwango

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