Les victimes des violences sexuelles commises en période de conflit ont été au centre des activités marquant la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de guerre, célébrée ce 19 juin 2026 au Sud-Kivu, où acteurs de la société civile, organisations de défense des droits humains et autorités ont appelé à davantage de protection et de justice.
« Derrière chaque statistique se cache une femme, une jeune fille, un homme ou un enfant dont la vie a été profondément bouleversée par la guerre. Cette journée est une occasion de rappeler à la communauté nationale et internationale que les victimes ont besoin de justice, de réparation et d’accompagnement », a déclaré Masumbuko Alfred, acteur de la société civile au Sud-Kivu,
Dans les provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, les violences sexuelles figurent parmi les conséquences les plus dévastatrices de l’insécurité persistante. Femmes, jeunes filles, hommes et enfants continuent d’en subir les effets, souvent dans le silence, la peur et la stigmatisation.
Pour de nombreuses survivantes, les séquelles vont bien au-delà des blessures physiques. Certaines perdent leurs moyens de subsistance, d’autres sont rejetées par leurs proches ou contraintes d’abandonner leur scolarité. À ces difficultés s’ajoutent des traumatismes psychologiques qui nécessitent un accompagnement de longue durée.
À Bukavu, plusieurs organisations engagées dans la prise en charge des victimes rappellent que les besoins demeurent considérables malgré les efforts consentis par les structures médicales et les partenaires humanitaires. De nombreuses personnes affectées peinent encore à accéder aux soins spécialisés, à l’assistance psychosociale ou à l’accompagnement judiciaire.
« Les violences sexuelles ne doivent jamais être considérées comme des conséquences ordinaires de la guerre. Chaque cas constitue une violation grave des droits humains et mérite une réponse judiciaire ainsi qu’une prise en charge adaptée », a poursuivi Masumbuko Alfred,
Les défenseurs des droits de l’enfant attirent également l’attention sur la situation des enfants nés à la suite de ces violences. Souvent confrontés à la discrimination et à l’exclusion sociale, ils grandissent dans un environnement marqué par les séquelles des conflits et les difficultés d’intégration.
À l’occasion de cette journée commémorative, plusieurs organisations ont exhorté les autorités nationales et les partenaires internationaux à renforcer les mécanismes de prévention, à améliorer la protection des populations civiles et à garantir des poursuites judiciaires contre les auteurs de ces crimes.
Pour les survivantes, la reconnaissance des souffrances endurées constitue une avancée importante. Toutefois, elles estiment que seule une justice effective, accompagnée de mesures de réparation et de réinsertion, permettra de tourner durablement la page des violences subies.
Les acteurs humanitaires soulignent par ailleurs que les déplacements de populations, la pauvreté et la fragilisation des structures communautaires augmentent les risques d’exposition aux violences sexuelles dans les zones affectées par l’insécurité.
Cette journée est célébrée alors que l’Est de la République démocratique du Congo continue de faire face à une situation sécuritaire préoccupante.
Depuis plusieurs années, les organisations de défense des droits humains documentent des milliers de cas de violences sexuelles dans les provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu.
Malgré les progrès réalisés dans la prise en charge des victimes et la sensibilisation des communautés, la lutte contre l’impunité demeure l’un des principaux défis pour garantir justice aux survivantes et prévenir la répétition de ces crimes.
Yseult Lwango

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