L’évaluation de la Constitution du 18 février 2006 a été lancée mercredi à Kisangani, dans la province de la Tshopo, lors d’un colloque scientifique national organisé par le ministère de l’ESURSI, réunissant universitaires, chercheurs et experts afin d’examiner les acquis, défis et perspectives de la loi fondamentale congolaise.
« Vingt ans après l’adoption de la Constitution, le moment est opportun pour dresser un bilan objectif de son application afin d’identifier les avancées enregistrées, mais également les insuffisances, les défis persistants et les pistes d’amélioration susceptibles de renforcer davantage la démocratie et l’État de droit », a déclaré le recteur de l’Université de Kisangani, le professeur Mathieu Kirongozi Bometa, dans son mot de bienvenue.
Ouvert mercredi dans le chef-lieu de la province de la Tshopo, ce colloque scientifique national réunit des universitaires, chercheurs, experts et acteurs institutionnels autour d’une réflexion approfondie sur les vingt années d’application de la Constitution du 18 février 2006 en République démocratique du Congo.
Pour les organisateurs, ces assises constituent une opportunité de procéder à une analyse rigoureuse de la loi fondamentale afin de mesurer son impact sur la gouvernance, le fonctionnement des institutions, la consolidation de la démocratie ainsi que le renforcement de l’État de droit.
Selon le professeur Mathieu Kirongozi Bometa, la tenue simultanée des travaux à Kinshasa, Lubumbashi et Kisangani traduit la volonté de mobiliser les principales forces intellectuelles du pays autour d’une réflexion collective sur l’avenir institutionnel de la RDC.
« Cette démarche traduit la volonté de rassembler les intelligences du pays dans une réflexion plurielle, rigoureuse et constructive sur les enjeux constitutionnels et institutionnels de notre nation », a-t-il soutenu.
Représentant la ministre de l’Enseignement supérieur universitaire, Recherches scientifiques et Innovation, le directeur de cabinet, le professeur Makindu Massamba Kaba Hilaire, a insisté sur la nécessité de privilégier une approche scientifique dans les débats relatifs à la Constitution.
« Il apparaît indispensable de privilégier des discussions scientifiques, objectives et rigoureuses afin d’établir un diagnostic sérieux de notre Constitution et d’en identifier les forces, les faiblesses ainsi que les acquis », a-t-il affirmé.
Le représentant de la ministre a également mis en garde contre les approches passionnelles et les interprétations excessivement politisées susceptibles d’altérer la qualité des réflexions sur une question aussi fondamentale pour l’avenir du pays.
Répartis en plusieurs pôles thématiques et organisés dans différentes zones géographiques de la RDC, les travaux devraient déboucher sur des recommandations destinées à éclairer les autorités publiques sur les éventuelles réformes ou améliorations à envisager.
« Ce que nous entreprenons aujourd’hui n’est pas seulement un exercice intellectuel, mais un véritable acte de construction nationale qui engage notre responsabilité collective envers les générations présentes et futures », a souligné le professeur Makindu Massamba Kaba Hilaire.
Les participants sont ainsi appelés à produire des analyses fondées sur des données scientifiques et des expériences concrètes afin de contribuer à l’amélioration du cadre institutionnel du pays.
Promulguée le 18 février 2006 à l’issue de la période de transition consécutive aux accords de paix, la Constitution congolaise constitue depuis vingt ans le socle juridique du fonctionnement des institutions de la République. Elle a notamment encadré plusieurs cycles électoraux, l’alternance politique de 2019 ainsi que les réformes institutionnelles engagées au fil des années. Ce colloque intervient alors que les débats sur l’avenir de la loi fondamentale continuent d’alimenter les discussions dans les milieux politiques, académiques et citoyens à travers le pays.
La rédaction

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