Goma :Un deal de 20 ans entre le M23/AFC et une société privée contraint plus de ménages à déguerpir au quartier Les Volcans

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Un deal de 20 ans entre le M23/AFC et une société privée contraint plus de ménages à déguerpir au quartier Les Volcans à Gom

Un contrat d’exploitation conclu entre le Mouvement du 23 mars (M23/AFC) et une société privée active dans le secteur hôtelier menace de déguerpissement de plusieurs ménages du quartier Les Volcans, dans la ville de Goma, selon des sources locales et des témoins.

Le site concerné est le Cercle sportif, l’un des plus anciens espaces publics à vocation sportive de la capitale provinciale du Nord-Kivu.

Depuis jeudi 12 février, des habitants qui occupaient les lieux ont commencé à quitter leurs habitations, certains sous contrainte, après réception de mises en demeure.

D’après plusieurs sources concordantes, un opérateur économique bien connu dans le domaine hôtelier aurait approché le M23/AFC, qui contrôle Goma et d’autres entités de l’est de la République démocratique du Congo, pour obtenir un contrat d’exploitation du site.

Le projet prévoit la construction d’une grande salle de mariage ainsi que de plusieurs boutiques commerciales à l’intérieur du Cercle sportif.

Selon les termes évoqués par des responsables locaux, l’entreprise privée exploiterait les infrastructures et reverserait une part  non précisée aux autorités de fait une fois les maisons bâties.

Un responsable proche du dossier affirme que « le contrat existe bel et bien » et qu’il aurait été signé avec le gouvernorat provincial installé par les nouvelles autorités du M23.

« L’entreprise construira des boutiques et, à l’intérieur, une salle de fête. Les espaces seront loués et l’entreprise récupérera un pourcentage de son investissement, tandis que la mairie recevra également sa part pendant plusieurs années », a-t-il déclaré, appelant à ne pas « politiser » l’affaire.

La durée du contrat varierait, selon les sources, entre 15 et 25 ans.

Les personnes expulsées affirment, pour leur part, qu’elles occupaient légalement les lieux avec l’autorisation de la division provinciale des sports. Certaines sources indiquent toutefois que leurs accords d’occupation seraient arrivés à échéance.

Le responsable de la société privée assure avoir respecté les délais légaux.  Car ils leurs avaient donné un préavis de deux mois, ensuite prolongé à trois mois. Cela fait aujourd’hui cinq mois que les occupants ont été informés. Tous ont reçu une mise en demeure.

Plusieurs ménages déplorent néanmoins l’absence d’indemnisation, estimant que la législation congolaise prévoit des compensations en cas d’éviction d’un espace occupé de longue date.

D’autres sources locales évoquent plutôt un accord d’achat du site par la société privée auprès du M23/AFC, une version qui n’a pas pu être confirmée de manière indépendante.

La nature exacte du contrat, sa durée définitive et le statut juridique de l’espace public concerné restent flous.

Des interrogations persistent également sur la validité d’un engagement à long terme conclu avec un mouvement armé que le gouvernement à Kinshasa accuse d’occupation illégale et de bénéficier de soutiens extérieurs dans le conflit en cours dans l’est du pays.

Aucune réaction officielle des autorités centrales n’était disponible dans l’immédiat.

La rédaction

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