Moins d’une semaine après la signature d’un accord de paix censé ouvrir la voie à la désescalade dans l’Est de la République démocratique du Congo, la ville de Bukavu (Sud-Kivu) a vu entrer une colonne impressionnante d’environ 9 000 hommes armés, identifiés comme membres de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC) et du mouvement du 23 mars (M23) ce mercredi 2 juillet.
Ces éléments seraient venus d’un centre de formation militaire situé dans le Nord-Kivu et se sont dirigés directement vers le camp Jules Moké, dans la commune de Bagira, à bord de plusieurs camions militaires.
Des sources locales, sécuritaires et civiles, confirment que ces forces sont en phase de redéploiement et se prépareraient à lancer un assaut sur l’axe stratégique Kamanyola – Sange – Kiliba – Uvira, à la frontière avec le Burundi.
Cette arrivée inattendue ravive les inquiétudes de la population locale, qui redoutait déjà une trahison du processus de paix.
« On nous parlait d’un retrait, d’un cessez-le-feu, mais aujourd’hui ce sont des renforts qui arrivent. Où est la paix qu’on nous promet ? », s’interroge Aimée Kavira, habitante de Kadutu.
Sur les réseaux sociaux comme dans les rues de Bukavu, les réactions oscillent entre indignation et résignation. Beaucoup estiment que l’accord de paix signé récemment n’a rien changé sur le terrain.
« La situation est floue. Les autorités doivent dire clairement à la population ce qui se passe. Ces renforts sont une provocation », Samuel kivuru un cadre de la société civile du Sud-Kivu.
Du côté du gouvernement central à Kinshasa, l’alerte semble avoir été entendue.
Des voix s’élèvent pour demander un renforcement du dispositif de surveillance militaire sur les axes menacés, tout en appelant à une clarification urgente du rôle des forces M23/AFC dans le cadre de l’accord de paix.
Alors que les attentes de désarmement étaient fortes, cette démonstration de force fait craindre une nouvelle phase d’instabilité dans le Sud-Kivu.
« L’arrivée de troupes supplémentaires M23 à Bukavu est un signal inquiétant. Kinshasa doit réagir avec fermeté, sinon l’accord de paix risque de n’être qu’un leurre », alerte Sostene Umundi analyste sécuritaire basé à Goma.
Pour l’heure, aucune communication officielle n’a été faite par les dirigeants du M23/AFC sur les raisons précises de ce redéploiement. le porte parole de la rébellion promet faire un point de presse ce jeudi 3 juillet en ville de Goma sur l’accord signé récemment entre la RDC et le Rwanda.
la rédaction
Bukavu : au moins 9 000 combattants M23/AFC entrent en ville malgré l’accord de paix
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