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VSBG à Goma : 13% des femmes interrogées témoignent avoir vu une femme victime mourir (Etude)

VSBG à Goma : 13% des femmes interrogées témoignent avoir vu une femme victime mourir (Etude)

81% des femmes qui connaissent à Goma l’une des formes des VSBG, c’est une nette avancée. Mais, au même moment, les conséquences que surmontent les victimes sont insupportables, révèle l’étude.

L’étude a été menée dans 5 quartiers de Goma, y compris dans la banlieue Nord-Ouest de la ville, qui se prolonge sur le territoire de Nyiragongo, au Nord-Kivu, dans l’Est de la R.D.Congo. C’est le programme genre de Pole Institute qui vient de la présenter lors d’un atelier, à l’occasion des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (VSBG).

La recherche a été menée auprès des filles et des femmes des quartiers essentiellement populaires de Mapendo, Lac-vert, Ndosho, Katoy, Kasika et de Turunga, la banlieue.

Elle s’est fixée principalement les objectifs d’identifier les types des violences que subissent les femmes et les lieux où elles les subissent le plus, évaluer et mesurer le degré de connaissance par les femmes, analyser le niveau de connaissances en matière des violences faites aux femmes et faire un état de lieux sur les attitudes et pratiques face à la violence.

Décès, maladies mentales, humiliations…les conséquences sur les victimes sont nombreuses et diverses !

C’est ce que révèle cette étude que Pole Institute a financée. Mais, si les femmes connaissent les formes des violences qui les touchent, elles peuvent contribuer à limiter leur commission, répètent souvent les experts du genre. Arrêtons-nous donc un instant sur le niveau des connaissances des femmes interrogées.

D’entre les 81% des femmes conscientes d’au moins un type des violences, 28% connaissent les violences sexuelles, 25 % les violences physiques, 20% les violences économiques, 11% les violences psychologiques et verbales. Le reste du pourcentage est partagé entre le harcèlement, le mariage forcé ou encore la privation d’héritage.

Cette connaissance à la fois faible et partielle explique quelque part le niveau toujours important des VSBG dans la ville de Goma. Les enquêtées elles-mêmes vivent les conséquences, montre l’étude. 45% parlent des maladies comme les MST (Maladies sexuelles transmissibles), les maladies mentales et les maladies cardiaques. 17% parlent de l’humiliation des victimes d’une forme des VSBG, 13% parlent de la mort des victimes et 11% parlent des traumatismes qui arrivent aux personnes victimes des VSBG.

S’il s’agit-là des témoignages sur les autres principalement, plusieurs des femmes interrogées ont déjà été elles-mêmes victimes des VSBG. L’étude indique que 56% ont affirmé avoir déjà été victimes une ou de nombreuses fois et 83,6% ont eu le courage de dénoncer la forme des violences qui les avait touchées.

Dans le processus de dénonciation, les femmes ont rencontré les difficultés que les organisations féminines ont régulièrement déplorées dans leur accompagnement des survivantes des VSBG. C’est le cas du non-accès des moyens pour accéder aux services compétents (Frais de justice, frais des soins de santé,…), la partialité de certains juges ou officiers de police judicaire, divulgation de dossiers de certaines survivantes, la difficulté de connaitre les auteurs, pour les femmes violées notamment. Ces femmes ont souvent rencontré leurs violeurs sur leur chemin d’approvisionnement des femmes soit dans leurs quartiers lorsqu’elles sortent à des heures tardives.

Toutefois seuls 8% des 83,6% des femmes qui ont signalé avoir a été victimes des violences ont eu gain de cause. Le reste, soit 92%, n’a pas été satisfait des services. Dans cet état, 23% se sentent bien car elles se sont résiliées, 23% autres sont restées en souffrance, 18% sont traumatisées, 14% sont embarrassées sans savoir quoi faire, 10% se sentent impuissantes et 6% ont la sensation d’être en danger permanent.

Les récentes violences subies !

Les chiffres fournis là-dessus concernent les violences que les femmes interrogées ou les autres ont subies au cours de leur vie. Quand l’étude les a questionnées sur les violences qui les ont touchées dans un passé récent, voici les pourcentages que leurs réponses ont formé.

42,6% ont été victime d’une agression physique, 23% ont subi le viol ou l’abus sexuel, 19,7% ont subi des violences économiques et 6,6% ont été la cible d’un harcèlement. Ces dernières ont été recensées surtout parmi les bonnes et ce sont leurs patrons qui les ont sollicitées, avec à la clé, la menace de licenciement.

Si 19,7% des victimes des violences économiques sont parmi les femmes mariées, celles qui n’ont pas de mariage civil (Les concubines) sont les plus concernées. D’après l’étude, cette catégorie des femmes n’ont pas le courage de porter plainte car elles ne sont pas reconnues. Par conséquent 47,5 des concubines disent se résigner mais elles souffrent intérieurement et développent des maladies, selon les enquêteurs qui précisent que 36% d’elles décident de pardonner sans cependant être libérées de la violence.

Frédéric Feruzi

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