Sud-Kivu : le choléra met à rude épreuve les communautés de Nyangezi et Kalehe

À Nyangezi, dans le territoire de Walungu, le choléra continue de fragiliser des familles déjà éprouvées par l’insécurité et la précarité. Derrière les chiffres et les protocoles médicaux, ce sont des ménages entiers qui luttent au quotidien pour accéder à des soins essentiels, dans un contexte marqué par la pénurie de médicaments et la rupture d’intrants sanitaires.

Dans les structures de santé de la zone, la prise en charge des malades reste possible, mais se fait dans des conditions difficiles. Le docteur Janvier Kone, médecin à la Clinique Shilo de Nyangezi, explique que la fin de l’année 2025 a été dominée par des maladies infectieuses et hydriques, avec une présence notable du choléra. Les équipes médicales s’appuient principalement sur la réhydratation rapide, l’administration des sels de réhydratation orale et les perfusions, tout en appliquant des mesures strictes d’hygiène et d’isolement.

Cependant, ces efforts se heurtent à de nombreuses contraintes. Le manque de moyens financiers, la pénurie de médicaments et l’insuffisance du personnel médical compliquent la prise en charge, laissant parfois les familles dans l’angoisse et l’attente. « Beaucoup de patients arrivent tard, faute de moyens ou d’informations suffisantes », confie un soignant de la zone sous couvert d’anonymat.

Dans ce contexte, la prévention apparaît comme la première ligne de défense. Le docteur Janvier Kone insiste sur la nécessité d’adopter des gestes simples mais essentiels :
« Face aux difficultés financières, la prévention reste notre meilleure arme. Le respect des règles d’hygiène, que ce soit pour les aliments, les objets ou l’environnement, peut sauver des vies. »

La situation n’est pas isolée à Nyangezi. Dans le territoire de Kalehe, des cas suspects de choléra ont également été signalés au niveau de la zone de santé, ravivant les inquiétudes des communautés locales. Le médecin chef de zone, Dr Pacifique Chirhalwira, indique que plusieurs personnes ont déjà été soignées, tout en soulignant que le risque demeure élevé si la population ne s’approprie pas les mesures de prévention.

Une campagne de sensibilisation est annoncée afin d’informer les habitants sur les pratiques à adopter pour limiter la propagation de la maladie. L’agent sanitaire Willy Murhula rappelle notamment l’importance du lavage régulier des mains, de la bonne cuisson des aliments, de l’assainissement des latrines et de l’utilisation de l’eau potable.

Face à cette menace sanitaire persistante, les acteurs de santé appellent à une solidarité renforcée. Ils exhortent les organisations humanitaires et les partenaires à appuyer les zones touchées, notamment à travers l’amélioration de l’accès à l’eau potable par la construction de bornes-fontaines, afin de soulager durablement les communautés et prévenir de nouvelles flambées de choléra.

Yseult Lwango