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RDC : Muyaya, Lihau, Paluku et Fwamba ripostent aux accusations de Joseph Kabila

La sortie médiatique de Joseph Kabila a provoqué, vendredi 9 octobre 2026, une riposte de plusieurs membres du gouvernement congolais à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, située en Afrique centrale, à l’ouest du pays et à plusieurs milliers de kilomètres des zones orientales affectées par les combats.
« Un homme du passé, nostalgique des méthodes antidémocratiques, fils-aîné du père (le Rwanda), complice du frère (M23/AFC) et auteur connu des crimes, condamné et sous sanctions américaines. Il n’a rien d’autre à offrir que le chaos », a déclaré Patrick Muyaya, ministre de la Communication et Médias, dans une publication sur X, en réaction aux propos de l’ancien président.

Le porte-parole du gouvernement accuse ainsi Joseph Kabila d’entretenir des liens avec l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le M23, tout en lui reprochant sa proximité présumée avec Kigali. Ces accusations interviennent alors que les autorités congolaises dénoncent l’implication du Rwanda dans la crise sécuritaire qui secoue l’est de la RDC, des allégations que Kigali conteste.

Patrick Muyaya a également réaffirmé l’engagement du pouvoir en faveur du dialogue politique initié par le président Félix Tshisekedi. « Avec le peuple congolais, les hommes et les femmes épris de paix, nous restons fermement engagés à travers le processus du dialogue amorcé par le Président de la République pour restaurer la paix et l’intégrité territoriale », a-t-il écrit.

Le vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a adopté un ton plus offensif. Réagissant également sur X, il a dénoncé ce qu’il qualifie de « paroxysme de la perfidie », en réponse aux déclarations de l’ancien chef de l’État sur la situation politique et sécuritaire du pays.

Joseph Kabila avait notamment affirmé que « le Congo est en péril », accusant le régime de Félix Tshisekedi d’institutionnaliser le tribalisme et le népotisme. Il avait également annoncé de prochaines initiatives, sans que les détails de celles-ci soient précisés dans les éléments disponibles.

Sans le nommer directement, Jean-Pierre Lihau a accusé l’ancien président, qu’il présente comme faisant face à des accusations de haute trahison, de se comporter comme un « agent de l’ennemi » alors que le pays est confronté à une agression. Le ministre lui reproche aussi de vouloir reproduire, avec le Rwanda, les « exploits » de 1997, après ses 18 années au pouvoir.

Jean-Pierre Lihau a par ailleurs soutenu que Félix Tshisekedi avait hérité d’un pays « infiltré », confronté à la présence du M23 et de plus de 150 groupes armés. Il a conclu en affirmant que la justice finirait par « rattraper » les ennemis de la République, qu’il estime désormais identifiés.

De son côté, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a répondu aux critiques de Joseph Kabila sur la situation économique, en contestant notamment l’idée selon laquelle la dette publique constituerait un fardeau excessif pour le pays. Il a avancé que la dette de la RDC représentait moins de 20 % du produit intérieur brut (PIB), contre une moyenne de 60 % en Afrique subsaharienne.

Pour étayer son argumentation, Doudou Fwamba a comparé plusieurs indicateurs économiques de 2019 à ceux de 2026. Selon les chiffres qu’il a présentés, le PIB serait passé de 50 à 120 milliards de dollars américains, les réserves de change de 1,3 à 8 milliards de dollars et le budget de l’État de 4 à 18 milliards de dollars. Ces données, avancées par le ministre, nécessitent toutefois d’être rapprochées des statistiques officielles publiées par les institutions économiques compétentes.

Le ministre de l’Industrie, Julien Paluku, a lui aussi réagi à la prise de parole de l’ancien président, qualifiant ses initiatives de « vaines sirènes de déstabilisation ». À travers ces différentes réactions, les membres du gouvernement défendent la légitimité du pouvoir en place et réitèrent leur soutien au dialogue politique engagé par Félix Tshisekedi, alors que Joseph Kabila estime que le processus actuel n’est pas suffisamment inclusif.

Cette confrontation verbale intervient dans un climat de fortes tensions politiques et sécuritaires. À l’est de la RDC, les combats impliquant le M23 et les forces gouvernementales ont provoqué des déplacements de populations et aggravé les difficultés humanitaires. Kinshasa accuse régulièrement Kigali de soutenir le mouvement armé, tandis que le Rwanda rejette les accusations portées contre lui.

Ancien président de la République de 2001 à 2019, Joseph Kabila a quitté le pouvoir à l’issue de l’alternance de janvier 2019, avant de voir ses relations avec les autorités actuelles se détériorer. Sa récente prise de parole relance ainsi l’affrontement entre l’ancien chef de l’État et le camp de Félix Tshisekedi, sur fond de crise sécuritaire persistante, de contestations politiques et de divergences sur les voies à privilégier pour restaurer la paix et préserver l’intégrité territoriale de la RDC.

Elisé Kant

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