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Nord-Kivu : les femmes rurales dénoncent l’insécurité, les routes impraticables et les effets du changement climatique

La Journée mondiale de la femme rurale a été célébrée vendredi 16 octobre 2026 à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, par des agricultrices venues notamment de Masisi, Nyiragongo et Rutshuru, qui ont exposé leurs récoltes et dénoncé les difficultés freinant leurs activités.

À cette occasion, les femmes rurales ont présenté les résultats de leurs productions champêtres, tout en mettant en lumière les obstacles auxquels elles sont confrontées au quotidien. Elles ont notamment cité l’insécurité persistante dans leurs milieux de vie, le manque de moyens financiers, l’impraticabilité des routes de desserte agricole et les effets du changement climatique sur les saisons culturales.

« Vraiment, nous traversons beaucoup de difficultés. Notamment l’insécurité dans nos entités, les routes ne sont pas praticables, nous n’avons pas de moyens pour nous procurer des semences et aménager nos champs. À ces difficultés s’ajoutent les effets du changement climatique, notamment l’insuffisance des pluies, qui complique davantage les activités agricoles et fragilise la production alimentaire », a déclaré l’une de leurs porte-parole.

Ces difficultés compliquent également l’acheminement des récoltes vers les grands centres de consommation, réduisant ainsi les possibilités de vente et les revenus des agricultrices. Pour plusieurs d’entre elles, l’accès aux semences de qualité, aux intrants agricoles et aux terres cultivables demeure un défi majeur.

La célébration a été rendue possible grâce à l’appui d’organisations humanitaires féminines qui ont facilité le déplacement de ces femmes jusqu’à Goma.

Selon Yvonne Kutaka, coordinatrice de l’activité, cette initiative visait à valoriser les compétences et le potentiel des femmes rurales du Nord-Kivu, tout en attirant l’attention sur leur contribution à l’économie des ménages et à la sécurité alimentaire.

Elle a souligné que l’autonomisation de ces agricultrices nécessite notamment la promotion de leurs droits, le renforcement des activités génératrices de revenus ainsi qu’un meilleur accès aux semences, aux intrants et aux outils agricoles. Elle a également appelé les autorités et les organisations des Nations unies à renforcer leur accompagnement.

« Dans cette situation de guerre, les femmes rurales vivent dans des conditions extrêmement difficiles. Elles manquent de semences de qualité et d’intrants agricoles. Elles n’ont pas vraiment de revenus, ont du mal à cultiver leurs champs et n’ont pas accès à la terre. C’est pourquoi j’en appelle à leur accompagnement sans faille », a plaidé Yvonne Kutaka.

De son côté, Henrietta Kiombo, membre du groupe de travail sur la sécurité alimentaire à Goma, a insisté sur les difficultés d’accès aux marchés et à la terre, qui limitent les possibilités des femmes rurales de tirer profit de leurs productions. Elle estime que la construction de marchés modernes pourrait contribuer à améliorer leurs revenus et leurs conditions de vie.

« Les femmes rurales n’ont pratiquement pas de revenus et éprouvent des difficultés à accéder aux marchés. Elles n’ont pas non plus accès à la terre. Ces femmes ont aussi des difficultés à accéder aux marchés pour écouler leurs produits. C’est ainsi qu’il faudrait améliorer leurs conditions de vie en construisant pour elles des marchés modernes où elles pourront vendre leurs produits. Cela contribuera à améliorer leurs revenus et leurs conditions de vie », a-t-elle expliqué.

Au-delà de l’exposition de leurs récoltes, les participantes ont également exécuté des danses traditionnelles, témoignant de leur attachement à leurs pratiques culturelles et de leur volonté de poursuivre leurs activités malgré les difficultés.

Célébrée chaque 15 octobre, la Journée mondiale de la femme rurale vise à reconnaître la contribution des femmes vivant en milieu rural à l’agriculture, à la sécurité alimentaire et au développement des communautés. Pour cette édition 2026, le thème retenu était : « Autonomiser les agricultrices : faire progresser des politiques et des investissements inclusifs pour des systèmes agroalimentaires résilients ».

Dans une province du Nord-Kivu marquée par l’insécurité et les déplacements de populations, l’amélioration des conditions de production, la réhabilitation des routes de desserte agricole et l’accès aux ressources restent des enjeux importants pour les agricultrices. À Goma, leur rassemblement a ainsi permis de rappeler que le soutien aux femmes rurales constitue aussi un levier pour renforcer les revenus des ménages et préserver l’approvisionnement alimentaire des communautés.

 

Victoire Muliwavyo

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