Le spectre d’une escalade militaire d’une grande gravité plane dans l’est de la République démocratique du Congo. Depuis dimanche 21 septembre, l’armée rwandaise aurait déployé du matériel militaire sophistiqué, notamment des missiles sol-air, sur la colline stratégique de Katale, dans le territoire de Masisi. L’alerte a été donnée par le député national et leader des Volontaires de défense de la patrie (VDP), Prince Willy Mishiki. L’ancien seigneur de guerre y voit une manœuvre visant non seulement à brouiller le fonctionnement des drones et aéronefs des Forces armées de la RDC (FARDC), mais surtout à abattre tout engin aérien survolant le territoire congolais.
Le Conseil national des Wazalendo condamne avec la dernière énergie le massacre que viennent de commettre la coalition AFC/M23 et le Rwanda dans le territoire de Walikale, groupe Kisimba, dans la nuit du samedi au dimanche, a fustigé Prince Willy Mishiki.
Et d’ajouter : « Nous déplorons aussi le déploiement des missiles sol-air tôt ce dimanche matin sur la colline de Katale, en vue de brouiller les équipements aéronautiques utilisés par le gouvernement, mais aussi d’abattre tout engin aérien survolant notre territoire. Cette situation nous pousse à demander au gouvernement de suspendre les pourparlers de Doha avec les rebelles ».
La déclaration de Prince Willy Mishiki sonne comme une mise en garde et une rupture de confiance. Selon lui, les négociations de Doha n’ont plus aucun sens face à l’acharnement des agresseurs, qui allient massacres de civils et provocations militaires. Le Conseil national de résistance des volontaires de défense de la patrie (Wazalendo) exhorte ainsi le gouvernement congolais à « tourner la page du dialogue » et à privilégier une riposte militaire sans concession.
De leur côté, les Forces armées de la RDC refusent désormais toute tolérance vis-à-vis des agressions répétées. Le porte-parole de la 3e zone de défense, le major Nestor Mavudisa Kamba Mayoyo, a dénoncé une série d’attaques coordonnées menées entre le 17 et le 19 septembre contre plusieurs localités du Nord et Sud-Kivu, notamment Chanzikiro, Nkambi, Sisa, Ndete, Kazinga, Chambombo et Katale.
Dans un communiqué rendu public le samedi 20 septembre, l’armée affirme que ces violations répétées du cessez-le-feu constituaient une provocation intolérable. Toute nouvelle attaque déclenchera une réaction vigoureuse, a prévenu le major Mayoyo, en prenant à témoin les médiateurs américains et qataris.
Lors de la 59ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le vendredi 19 septembre à la Cité de l’Union africaine, le vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et anciens combattants, Guy Kabombo, a livré un message d’apaisement et de fermeté.
Selon le compte-rendu du gouvernement, il a rassuré que les FARDC restent vigilantes, prêtes à défendre l’intégrité territoriale dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri et même aux abords de Kinshasa. Les forces loyalistes sont déterminées à rétablir la paix et à repousser toute forme de menace, a-t-il insisté, soulignant que la défense du territoire demeure une priorité absolue.
Enfin, il convient de rappeler l’appel poignant lancé par le général Sylvain Ekenge aux militaires congolais enrôlés dans les rangs de l’AFC/M23. Le porte-parole des FARDC les a exhortés à tourner leurs armes contre l’ennemi et regagner les rangs loyalistes.
« Vous avez été formés pour défendre la République. Ne trahissez pas votre serment. Toute collaboration avec l’ennemi est un sacrilège impardonnable », a-t-il lancé rappelant que les déserteurs restent enregistrés comme membres de l’armée régulière et peuvent réintégrer les camps loyalistes.
Cet appel intervient alors que la rébellion a récemment exhibé des militaires présentés comme ralliés à sa cause, une « mise en scène de manipulation et de division », selon les FARDC. À travers ces signaux d’alerte : missiles rwandais, massacres, attaques coordonnées, l’est de la RDC s’enfonce dans une spirale de menaces existentielles contre la souveraineté nationale.
Ouranga










