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Ituri : Voici les 3 raisons évoquées par les « Hema » et « Lendu » comme sources de la reprise des violences à Djugu

Après près de 5 mois d’une accalmie relative, l’espoir d’une paix durable s’éloigne à nouveau en Ituri. La reprise des hostilités, principalement dans le territoire de Djugu, suscite une vive inquiétude au sein des communautés locales et des acteurs de la paix. La CODECO et la Convention pour la Révolution Populaire, CRP, ont repris les armes, brisant une période de calme qui laissait présager une sortie de crise.

Cette rechute sécuritaire intervient alors que plusieurs processus de pacification avaient été engagés ces derniers mois, notamment le dialogue d’Aru. Mais sur le terrain, les attaques et les représailles refont surface, replongeant des milliers de familles dans la peur et l’incertitude, avec déjà des mouvements de populations signalés.

Face à cette situation, le Groupe d’interaction intercommunautaire pour la pacification et la paix, GIIPP, une structure qui réunit les membres des communautés Hema et Lendu, a tenté d’analyser les causes profondes de cette reprise. Pour ce cadre de concertation intercommunautaire, les raisons sont multiples mais trois facteurs majeurs se dégagent.

La première raison évoquée est le non-accompagnement du pilier désarmement par le PDDRC-S. Selon le GIIPP, de nombreux combattants qui avaient accepté de déposer les armes se sont retrouvés sans prise en charge, sans encadrement ni perspectives, ce qui aurait favorisé leur retour dans les groupes armés.

La deuxième cause pointée est l’absence de la CRP dans le dialogue d’Aru. Pour le GIIPP, ne pas avoir associé ce mouvement politico-militaire, actif sur le terrain, au processus de paix a créé un vide et un sentiment d’exclusion qui a contribué à la reprise des violences.

Enfin, troisième raison, le manque de suivi de la feuille de route par le gouvernement. Le GIIPP déplore que les engagements pris lors des différents pourparlers et les recommandations issues du dialogue d’Aru n’aient pas connu de suivi concret et soutenu de la part des autorités compétentes.

S’exprimant à ce sujet ce 01 octobre dans un point de presse tenu à Bunia, Jean-Claude Ngadjole, président de l’association culturelle ENTE et vice-coordonnateur du GIIPP, tire la sonnette d’alarme et appelle à une action urgente pour éviter un nouvel embrasement.

« Si on n’accompagne pas le désarmement, si on exclut certains acteurs du dialogue et si on ne suit pas la feuille de route, on prépare le retour de la guerre. Et c’est ce que nous vivons aujourd’hui à Djugu », a-t-il déclaré.

En attendant une réponse des autorités provinciales et nationales, le GIIPP appelle les deux communautés à préserver la cohésion et à ne pas céder à la manipulation.

Rédaction

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