C’est une bouffée d’air pour la prison centrale de Mahagi. Le 30 septembre 2026, la MONUSCO a officiellement remis aux autorités locales plusieurs installations réhabilitées et des équipements pour améliorer les conditions de détention dans cet établissement pénitentiaire du nord de l’Ituri.
La prison accueille aujourd’hui 123 détenus, dont six femmes et sept mineurs, dans des conditions qui, pendant des années, étaient déplorables. Manque de latrines, pas d’accès à l’eau potable, toitures délabrées, absence d’infirmerie et obscurité totale la nuit.
« Quand je suis arrivé à la tête de la prison, elle était déjà dans un état de délabrement. Nous avons alors fait appel à la MONUSCO », témoigne Raymond Mpoko Wamina, directeur de la prison centrale de Mahagi.
La réponse de la mission onusienne est concrète. Le projet a permis l’aménagement de deux fosses septiques, deux puits perdus, quatorze latrines et la réhabilitation de six cellules. Une infirmerie a été entièrement construite pour la prise en charge médicale des détenus.
Pour mettre fin aux coupures, un groupe électrogène et des panneaux solaires ont été installés, avec deux systèmes d’éclairage distincts pour les cellules et le dispensaire. À cela s’ajoutent six lits pour l’infirmerie, 80 matelas, 80 couvertures et le renforcement du forage pour l’accès à l’eau.
Pour le directeur, l’impact est direct sur la santé et la dignité : « La réhabilitation des toilettes permet d’améliorer l’hygiène et de prévenir des maladies. L’infirmerie permettra une prise en charge plus rapide des malades ».
Présent lors de la remise, l’administrateur adjoint du territoire de Mahagi, Claude Ntumba Kalala, a salué un partenariat de longue date : « Les prisonniers sont privés de leur droit de circuler, mais ils ont le droit de vivre dans des conditions décentes. Nous demandons aux responsables de prendre soin de ces ouvrages ».
Au-delà de l’humanitaire, l’enjeu est aussi judiciaire. Pour Alain Diazenza, procureur près le tribunal de paix de Mahagi, une prison fonctionnelle est le dernier maillon de la chaîne pénale. Le décès d’un détenu malade faute de soins peut entraîner l’extinction de l’action publique et bloquer la justice. Cet appui, mené via le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), vise à aligner la prison de Mahagi sur les Règles Nelson Mandela des Nations Unies pour le traitement des détenus.
Il s’inscrit dans la mission plus large de la MONUSCO d’appuyer le renforcement des institutions de l’État, du système judiciaire et de l’État de droit en Ituri.
Nickson Manzekele

0 Comments