Le chef de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), James Swan, a effectué, lundi 2 novembre 2026, une visite à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Il devient ainsi la première haute personnalité internationale à se rendre officiellement dans cette ville depuis la restructuration de l’ancienne Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) en Front pour la Refondation de la Nation (FRN), désormais dirigé par l’ancien président congolais Joseph Kabila.
L’arrivée de James Swan à l’aéroport international de Goma marque une nouvelle étape dans les relations entre les Nations unies et les responsables du mouvement politico-militaire qui contrôle cette partie de l’est de la République démocratique du Congo.
D’après une communication de la MONUSCO, cette visite s’inscrit dans le cadre des consultations régulières que le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies mène auprès des différents acteurs impliqués dans la crise sécuritaire dans l’est du pays.
Ce déplacement intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par la poursuite des affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les combattants du FRN, mouvement qui a succédé à l’AFC/M23 et dont Joseph Kabila a pris la direction.
Une démarche dans la continuité des contacts de Bintou Keita avec le M23
La présence de James Swan à Goma rappelle les démarches diplomatiques entreprises précédemment par sa prédécesseure, Bintou Keita, qui avait également maintenu des contacts avec les responsables de l’AFC/M23 lorsque ces derniers contrôlaient plusieurs zones de l’est de la RDC.
À travers cette nouvelle visite, la MONUSCO entend poursuivre ses échanges avec les acteurs qui exercent une influence sur le terrain, dans le but de faciliter l’accomplissement de son mandat, particulièrement en matière de protection des populations civiles.
La Mission onusienne insiste notamment sur la nécessité de garantir l’accès humanitaire aux populations affectées par les violences armées et de soutenir les mécanismes chargés du suivi et de la vérification du cessez-le-feu.
Parmi ces dispositifs figure le Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+/EJVM+), qui joue un rôle dans le suivi des incidents sécuritaires et des engagements pris dans le cadre des initiatives régionales de paix.
James Swan attendu auprès des représentants du FRN
Au cours de son séjour à Goma, James Swan prévoit d’engager des contacts avec les représentants du Front pour la Refondation de la Nation.
Ces échanges constituent une continuité des relations que la MONUSCO entretenait avec l’ancienne structure AFC/M23, avant sa transformation en FRN.
La nouvelle organisation politico-militaire est dirigée par Joseph Kabila, ancien président de la République démocratique du Congo, tandis que Corneille Nangaa, ancien coordonnateur de l’Alliance Fleuve Congo, figure désormais parmi ses vice-présidents.
Cette reconfiguration intervient alors que le conflit dans l’est de la RDC demeure au centre des préoccupations diplomatiques et sécuritaires, notamment en raison des conséquences des affrontements sur les populations civiles et de la persistance des tensions entre Kinshasa et Kigali.
La démarche de James Swan devrait ainsi permettre à la Mission onusienne de maintenir un canal de communication avec les responsables du mouvement qui contrôle Goma et d’autres territoires de l’est du pays.
Un deuxième déplacement à Goma depuis sa prise de fonctions
Ce n’est pas la première fois que James Swan se rend à Goma depuis sa prise de fonctions à la tête de la MONUSCO, en avril 2026.
Peu après son entrée en fonction, il avait déjà effectué une visite dans cette ville, au cours de laquelle il avait échangé avec les responsables de l’ancienne AFC/M23 autour des modalités de mise en œuvre du cessez-le-feu.
À cette occasion, le chef de la MONUSCO avait souligné le rôle central de Goma dans les efforts visant à favoriser la désescalade des tensions, protéger les populations civiles et accompagner le processus de paix en cours.
Cette nouvelle visite intervient donc dans un environnement politique différent, marqué par le remplacement de l’ancienne architecture de l’AFC/M23 par le FRN, sous la direction de Joseph Kabila.
L’ONU face aux nouveaux équilibres dans l’est de la RDC
Au-delà de son caractère diplomatique, le déplacement de James Swan illustre les défis auxquels la MONUSCO est confrontée dans l’exercice de son mandat dans les zones affectées par le conflit.
La protection des civils, l’accès aux populations vulnérables et le suivi des engagements relatifs au cessez-le-feu nécessitent des échanges avec les différents acteurs présents sur le terrain.
Toutefois, ces consultations ne signifient pas, en elles-mêmes, une reconnaissance politique ou diplomatique du FRN par les Nations unies. Elles s’inscrivent dans le cadre opérationnel de la mission, qui doit pouvoir interagir avec les parties concernées afin de remplir les responsabilités qui lui sont confiées.
Alors que Joseph Kabila consolide la nouvelle organisation du mouvement depuis Goma, la visite de James Swan constitue un événement diplomatique notable dans cette nouvelle configuration du conflit congolais.
Reste à savoir si ces contacts permettront de faire avancer concrètement les mécanismes de cessez-le-feu et d’améliorer la situation humanitaire des populations prises au piège des violences dans l’est de la République démocratique du Congo.
La rédaction

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